Potentiel aromatique de Vitis vinifera L. cv Chardonnay et contrainte hydrique de la vigne en région limoneuse belge

(2019)

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Le vin est la signature de son terroir. Les composantes environnementales, biologiques et humaines et leurs interactions l’influenceront. Ce mémoire s’intéressera tout particulièrement à l’impact hydrique. L’étude est réalisée au domaine Château de Bousval, dans le Brabant wallon (Belgique). La texture du sol y est limono-sableuse en surface avec un sous-sol de sable bruxellien. Le terrain d’étude est divisé en deux zones. Une zone où la couche de limon est superficielle, les vignes sont sous plus haute contrainte hydrique (HC) ; une deuxième zone où la couche de limon est >100 cm, les vignes sont sous moins haute contrainte hydrique (BC). Le millésime étudié est 2018, année exceptionnellement chaude et sèche. Dans un premier temps, la contrainte hydrique de ces deux zones a été étudiée à l’aide de différents indicateurs au niveau du moût, de la plante et du sol. Les résultats ont montré une REU plus faible dans la zone HC que dans la zone BC. Le rapport isotopique 13C/12C sur les sucres des moûts a indiqué que les vignes HC étaient sous contrainte hydrique faible à modérée tandis que les vignes BC ne sont pas sous contrainte hydrique. Enfin, la masse des rameaux de la vigne, 1,7 fois plus importante en HC qu’en BC, a confirmé la différence de statut hydrique des vignes entre les deux zones. Le second objectif de ce mémoire a été de déterminer l’impact de la contrainte hydrique sur la qualité aromatique des vins. Les moûts et les vins provenant des zones HC et BC ont été analysés en termes d’arômes par deux méthodes complémentaires (SAFE et pHMB). Une analyse sensorielle a montré que le vin issu des vignes BC a généralement été plus apprécié (plus belle complexité aromatique, rondeur, longueur en bouche et une acidité moins marquée que le vin HC). Les acides gras (AG) répondent différemment à la contrainte hydrique selon leur structure. La réaction de Ehrlich, les teneurs en esters d’éthyle fruités, le furanéol et le phénylacétaldehyde sont bien plus élevés dans le vin HC. Le 3-méthylbutanoate d’éthyle (odeur agréable de fruits exotiques), les composés de dégradation des caroténoïdes et du théaspirane sont quant à eux plus concentrés dans le vin BC. Nombreux thiols variétaux n’ont été détectés que dans le vin HC (traces de 2SBol, 3S2MBol et de 1S3Prone). Le 3SHol est à l’inverse, en plus haute concentration dans le vin BC. Nos résultats ont indiqué que le statut hydrique de la vigne et la qualité aromatique des vins sont effectivement bien liés et que les parcelles limoneuses belges ne sont donc pas à délaisser pour des parcelles à REU moins importantes.