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KEATSOPFOUEFACKBIDIAS2026.pdf
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- Ce mémoire analyse les aspects juridiques et fiscaux du compte courant d’associé, un instrument largement utilisé dans les PME mais souvent mal compris par les dirigeants. Il part du constat que ce compte, perçu comme un simple « compte tampon » entre la société et son dirigeant, peut en réalité générer des risques fiscaux, juridiques et même pénaux importants lorsqu’il est mal géré. Dans une première partie, le mémoire définit le compte courant d’associé comme l’ensemble des dettes et créances réciproques entre la société et ses associés, traduisant soit un financement de la société (solde créditeur), soit une mise à disposition de fonds au profit du dirigeant (solde débiteur). Après avoir mis en avant ses atouts : flexibilité de financement, soutien de la structure financière, utilité dans les groupes et possibilité de déduction des intérêts, il en souligne les principaux risques : taxation d’un avantage de toute nature en cas de solde débiteur, implications patrimoniales lors de la succession et mise en évidence d’éventuelles incohérences entre le train de vie du dirigeant et ses revenus déclarés, notamment au regard de la méthode des signes et indices et du mécanisme général anti abus de l’article 344, §1er CIR 92. La deuxième partie est consacrée à la notion d’abus de biens sociaux. Sur base de l’article 492bis du Code pénal et de plusieurs décisions de jurisprudence, le mémoire montre que l’utilisation répétée des fonds sociaux à des fins personnelles, même correctement inscrite en compte courant, peut être qualifiée d’abus de biens sociaux lorsque l’opération est contraire à l’intérêt social et préjudiciable aux créanciers. La troisième partie examine les taux d’intérêt pratiqués sur les comptes courants débiteurs et créditeurs, en les confrontant aux taux forfaitaires fixés par l’administration fiscale. Le mémoire explique la manière dont l’intérêt fictif est déterminé en cas de financement gratuit ou insuffisamment rémunéré, et montre les conséquences d’une absence de comptabilisation d’intérêts, tant dans le chef du dirigeant (avantage imposable, accroissements) que dans celui de la société (cotisation sur commissions secrètes, avantages anormaux et bénévoles). S’agissant des comptes courants créditeurs, il analyse la portée des articles 18 et 55 CIR 92, qui encadrent la déductibilité des intérêts et prévoient la requalification en dividendes en cas de taux excessifs ou d’avances dépassant les fonds propres. Enfin, le mémoire propose plusieurs mesures préventives destinées à limiter les risques fiscaux liés aux comptes courants débiteurs. Il recommande la formalisation des avances sous forme de prêts à terme fixe avec échéance déterminée, la mise en œuvre d’une procédure de conflit d’intérêts de nature patrimoniale, ainsi que la réalisation d’un « double test » de solvabilité et de liquidité avant toute mise à disposition de fonds au profit du dirigeant. Au terme de l’analyse, le mémoire conclut que le compte courant d’associé est un instrument ambivalent : s’il constitue un outil de gestion souple et potentiellement optimisant, il suscite une vigilance accrue de l’administration fiscale et du juge pénal, ce qui impose au dirigeant et au professionnel du chiffre une approche structurée, documentée et transparente. Le professionnel du chiffre ne doit pas rester passif face à cet instrument et doit jouer un rôle proactif en cas de mauvaise utilisation par le dirigeant.