Comment, dans un contexte d'E-gouvernement, les bureaucrates au guichet perçoivent-ils et utilisent-ils leur pouvoir de discrétion ?
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- L’E-gouvernement est un phénomène d’ampleur mondiale qui ne cesse de progresser au rythme de l’évolution des technologies de l’information et de communication (TIC) et des paradigmes bureaucratiques. Cette nouvelle façon d’offrir des services aux citoyens bouleverse les rapports traditionnels entre l’administration et ces derniers et reconfigure le pouvoir discrétionnaire des bureaucrates au guichet. La littérature à ce sujet n’est pas unanime mais se divise en deux camps. D’aucuns considèrent que les TIC et autres outils d’aide à la décision auraient un effet habilitant sur le pouvoir discrétionnaire des agents de première ligne, tandis que d’autres soutiennent la thèse inverse. Cette position antagoniste soulève des questions quant à la perception qu’ont les bureaucrates au guichet de leur pouvoir de discretion. Les agents de l’administration ont-ils le sentiment de conserver une certaine autonomie dans l’exercice de leurs fonctions ? Si oui, dans quelle mesure et avec quelles implications sur leur orientation State-agent/Citizen-agent ? Notre étude empirique réalisée au sein de deux services Urbanisme, basée sur les entretiens de dix agents de première ligne et analysés à l’aide d’une analyse thématique, révèle un rôle paradoxal des outils informatiques. D’un côté, ces outils offrent de meilleures informations et contribuent de la sorte à des décisions plus éclairées et, de l’autre, ils réduisent la marge de manœuvre des agents et les poussent à la conformité aux règles et à la standardisation des décisions.