Analyse de discours des disparités de genres dans l’usage de l’IA - Cas d’étude : la voix Sky d’Open AI jugée trop similaire à celle de Scarlett Johansson

(2026)

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En mai 2024, OpenAI lance cinq nouvelles voix pour la version GPT-4o. Étrangement, l’une des voix nommée Sky ressemble fortement à celle de Scarlett Johansson. L’actrice menace OpenAI et utilise la pression des médias pour retirer de cette voix. Peu de temps avant la sortie de GPT-4o, Sam Altman, le PDG d’OpenAI a tweeté « her » sur X. Ce pronom est en référence au film Her de Spike Jonze. Il offre un terrain d'analyse privilégié pour interroger la manière dont le discours médiatique construit et naturalise notre usage genré de l'intelligence artificielle. Ce travail s'inscrit dans le cadre théorique de l'analyse critique du discours de Fairclough, ainsi que son prisme féministe intersectionnel développée par Michelle Lazar. L'analyse révèle que le discours des médias a tendance à anthropomorphiser l'IA, lui assigner de rôles professionnels humains, massivement des métiers féminins du service, et lui reléguer le travail émotionnel. Il en fait une voix toujours disponible pour l’utilisateur, sans avoir de besoins propres. L’IA tend à devenir substituable à des relations humaines, qui comble les manques, sans devoir en supporter les contraintes. Rares sont les articles qui tendent à contester le discours dominant et à remettre en cause l’ordre social. Ils ont tendance à euphémiser l’affaire en l’apparentant à un cas divers. À un niveau plus structurel, l'affaire Sky/Johansson s'inscrit dans une logique qui capte la valeur commerciale attachée à une voix d’une célébrité sans respecter son consentement. Ce cas a le mérite d’avoir soulevé les dangers d’appropriation de l’IA et les décisions de design qui reproduisent les biais genrés de leurs concepteurs. Ce mémoire a été réalisé dans le cadre du master 120 en Stratégie de la communication et culture numérique co-organisé et codiplômé par l'UCLouvain Saint-Louis Bruxelles et l'ISFSC.