Traçage des dépôts atmosphériques en Wallonie par l’étude des terres rares dans les lichens

(2025)

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Caucheteux_Bastien_44571900_2025.pdf
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En Wallonie, l’étude de la pollution atmosphérique en terres rares (TR) reste peu explorée, alors même que ces éléments constituent des traceurs prometteurs de l’impact des activités humaines dans les dépôts atmosphériques. Ce mémoire s’appuie sur la bioaccumulation par les lichens, et plus précisément sur l’espèce Xanthoria parietina, afin d’évaluer l’origine et l’évolution temporelle des TR atmosphériques. Deux séries de données ont été mobilisées : 124 échantillons récents répartis sur l’ensemble de la Wallonie, dont 42 disposaient d’un équivalent historique collecté entre 1955 et 1986 dans les herbiers de l’ULiège et de l’UCLouvain. Les concentrations de 14 terres rares ont été mesurées par ICP-MS après normalisation aux valeurs de la croûte continentale supérieure (UCC). Les résultats révèlent une signature géochimique influencée par la lithologie régionale (principalement schistes et limons), mais également modifiée par des apports anthropiques. En zones urbaines et fortement artificialisées, les lichens présentent des enrichissements en terres rares légères (La, Ce, Nd), notamment à Liège et Charleroi, suggérant l’influence du trafic routier, des poussières fines et des activités industrielles. En milieu agricole, les sols limoneux apparaissent comme des vecteurs majeurs de TR, probablement en raison de l’érosion liée au travail du sol. L’analyse des échantillons historiques met en évidence un changement dans les sources de pollution : les profils anciens reflètent une forte influence du charbon, tandis que les profils actuels s’orientent vers des émissions liées aux moteurs thermiques. Ce travail constitue une première application de ce type en Belgique et ouvre la voie à une meilleure compréhension des sources naturelles et anthropiques de TR dans l’atmosphère.