Dans quelle mesure les compétences en régulation émotionnelle au sein du couple influencent-elles la satisfaction conjugale, et ce lien est-il médié par la prise de perspective ? Une étude quantitative auprès de couples.

(2026)

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Ce mémoire de recherche quantitative, réalisé en binôme, étudie le lien entre la régulation émotionnelle, la prise de perspective et la satisfaction conjugale au sein des couples hétérosexuels. Une variable supplémentaire a été rajoutée, il s’agit de la perception d’aide d’un partenaire dans la régulation émotionnelle de son conjoint. En s'appuyant sur la littérature scientifique, plusieurs objectifs sont poursuivis. Nous cherchons d'abord à examiner dans quelle mesure les compétences en régulation émotionnelle d'un partenaire influencent sa propre satisfaction conjugale ainsi que celle de l'autre, et si ces liens sont médiés par la prise de perspective. Nous visons également à clarifier comment les compétences en régulation émotionnelle influencent la prise de perspective, et comment cette dernière agit à son tour sur la satisfaction conjugale. Enfin, nous explorons dans quelle mesure la prise de perspective prédit la perception qu'a un partenaire de sa capacité à soutenir la régulation émotionnelle de l'autre, et si cette perception est associée aux compétences de régulation de chaque membre du couple. Les données ont été récoltées auprès de 86 couples adultes en relation depuis minimum un an. Chaque partenaire a complété les instruments suivants : (1) la DAS-16, mesurant la satisfaction conjugale ; (2) l'IRIC, une mesure auto-rapportée de la prise de perspective ; (3) la VPT, évaluant la prise de perspective via une tâche visuo-spatiale ; (4) l'ERSQ, mesurant les compétences individuelles en régulation émotionnelle ; et (5) une version adaptée de l'ERSQ, dont les items ont été reformulés afin d'évaluer la perception d’aide du partenaire. Les résultats indiquent que les compétences en régulation émotionnelle sont positivement associées à la satisfaction conjugale du même partenaire. Ces résultats sont cohérents avec les travaux de Riahi et al. (2020), Bloch et al. (2014) ainsi qu’Omidi et Talighi (2017). La prise de perspective joue un rôle médiateur partiel dans ce lien : de meilleures compétences régulatrices favoriseraient la capacité à adopter le point de vue du partenaire, laquelle contribuerait en retour à la satisfaction relationnelle, rejoignant ainsi les conclusions de Schröder-Abé et Schütz (2011) ou encore Florean et Păsărelu (2019). Par ailleurs, la prise de perspective est positivement associée à la satisfaction conjugale individuelle, en lien avec la méta-analyse de Cahill et al. (2020). Pour terminer, la prise de perspective d’un partenaire est corrélée à sa perception d’aide dans la régulation émotionnelle de son conjoint, et cette dernière est associée à sa propre régulation émotionnelle. Ces résultats invitent à recourir à des études longitudinales et expérimentales pour établir des relations causales et à utiliser des méthodes d’analyses dyadiques plus rigoureuses. Il serait également intéressant de reproduire nos résultats concernant la variable supplémentaire via un outil validé et d’intégrer des variables tierces, non prises en compte dans notre étude, pouvant influencer les effets observés.