Association entre l'exposition aux vagues de chaleur et le risque de naissance prématurée : une revue systématique et méta-analyse

(2026)

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Introduction : Le réchauffement climatique intensifie la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur, exposant les femmes enceintes, physiologiquement vulnérables au stress thermique, à un risque accru de complications obstétricales (Bonell et al. 2022). Des travaux antérieurs (Chersich et al., 2020 ; Lakhoo et al., 2024) ont montré un lien entre la chaleur et la prématurité, sans isoler spécifiquement les vagues de chaleur, dont la définition reste elle-même hétérogène d'une étude à l'autre. Ce mémoire propose une synthèse ciblée sur cette association, au moyen d'une revue systématique et d'une méta-analyse. Méthodes : Ce travail constitue une analyse secondaire d'un projet enregistré dans PROSPERO (CRD420251172917). Une revue systématique conforme aux recommandations PRISMA a été menée dans cinq bases de données bibliographiques : PubMed/MEDLINE, Web of Science, Embase, Cochrane Library et Google Scholar. La sélection des études, réalisée en double aveugle par deux évaluateurs indépendants, a porté sur des études observationnelles rapportant une mesure d'association exploitable (Risk Ratio, Odds Ratio ou Hazard Ratio) entre l'exposition aux vagues de chaleur pendant la grossesse et la naissance prématurée (< 37 semaines d'aménorrhée). La qualité méthodologique des études incluses a été évaluée à l'aide de la Newcastle-Ottawa Scale pour les études de cohorte et cas-témoins, et de la grille du Joanna Briggs Institute pour les séries temporelles et l'étude écologique. Les mesures ont été converties en logarithmes naturels du risque relatif et combinées à l'aide d'un modèle à effets aléatoires, complété par des analyses de sensibilité, des analyses en sous-groupes exploratoires et un test d'Egger. Résultats : Sur 4 743 références identifiées, huit études observationnelles ont été incluses (États-Unis, Chine, Australie, Iran, Espagne). L'exposition aux vagues de chaleur pendant la grossesse était associée à un risque accru de naissance prématurée (RR = 1,11 ; IC95 % : 1,02–1,21 ; p < 0,0001), avec une hétérogénéité importante entre les études (I² = 91,6 %), mais un résultat robuste aux analyses de sensibilité. Aucune des huit études incluses ne provenait d'Afrique subsaharienne, région qui concentre pourtant, avec l'Asie du Sud, près de 60 % de la charge mondiale de prématurité (OMS, 2023). Ces résultats confirment l'association entre vagues de chaleur et naissance prématurée, tout en soulignant l'absence de consensus sur la définition de l'exposition et l'urgence de recherches dans les régions les plus vulnérables.