Institutionnalisation du genre et résistances : Le cas du « décret féminisation » dans l'enseignement supérieur en FWB
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- Ce mémoire-recherche entend questionner les limites du genre institutionnel dans l’enseignement supérieur, en Fédération Wallonie-Bruxelles, depuis la fabrique des politiques de genre à leur réception sur le terrain. Il propose, pour ce faire, d’observer la mise en œuvre d’une mesure particulière dans un contexte donné. Cette recherche analyse l’application du « décret relatif au renforcement de la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre et aux bonnes pratiques non discriminatoires quant au genre dans le cadre des communications officielles ou formelles » du 14 octobre 2021, plus communément connu comme le « décret féminisation ». Afin de délimiter cette observation, le présent mémoire mobilise l’étude de cas au sein d’une école d’ingénieurs en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le terrain choisi est analysé dans son interdépendance avec les diverses strates intervenant dans l’action publique, dans laquelle s’inscrit l’institutionnalisation du genre. Dans ce cadre, le présent mémoire mobilise également un corpus de débats parlementaires autour de la communication inclusive. Ceux-ci nous informent notamment sur la tension qui se joue entre politisation et dépolitisation du langage inclusif. Partant du constat que le langage est politique, cette recherche entend montrer que cette tension se joue également à hauteur du genre institutionnel, qui est à la fois mû par les combats féministes, mais qui se situe parfois à la limite du gender washing. Enfin, le mémoire propose des pistes de solutions pour implémenter le décret féminisation dans un cadre où le genre progresse et amène des résistances.The aim of this thesis is to examine the limits of institutional gender in higher education in the Wallonia-Brussels Federation, from the creation of gender policies to their reception in the field. To do this, it proposes to observe the implementation of a particular measure in a given context. This research analyses the application of the "decree on the reinforcement of the feminisation of the names of professions, functions, grades or titles and on non-discriminatory good practice with regard to gender in the context of official or formal communications" of 14 October 2021, more commonly known as the 'feminisation decree'. This thesis uses a case study of an engineering school in the Wallonia-Brussels Federation to define the scope of this observation. The chosen field is analysed in terms of its interdependence with the various strata involved in public action, in which gender is institutionalised. This dissertation also draws on a corpus of parliamentary debates on inclusive communication. In particular, these inform us about the tension between politicisation and depoliticisation of inclusive language. Starting from the observation that language is political, this research aims to show that this tension is also at play at the level of institutional gender, which is both driven by feminist struggles, but which sometimes borders on gender washing. Lastly, the report proposes possible solutions for implementing the feminisation decree in a context where gender is on the rise and provoking resistance.