Choix d'école secondaire en milieu populaire : Analyse de cas dans la commune d'Anderlecht

(2025)

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Dans le contexte du quasi-marché scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles, le principe du "libre choix" de l'école est au cœur des politiques de mixité sociale, notamment via le décret "Inscriptions". Toutefois, ce principe se heurte à des inégalités persistantes. Ce mémoire s'attache à comprendre comment les familles des classes populaires de la commune d’Anderlecht perçoivent et mettent en pratique le choix de l’école secondaire pour leurs enfants. Basée sur une démarche qualitative, la recherche s'appuie sur l'analyse de huit entretiens semi-directifs menés auprès d'informateurs privilégiés (directeurs d'école et d'AMO, assistants sociaux, médiateurs) en contact direct avec ces familles. L'étude propose ainsi une sociologie du regard institutionnel porté sur ce processus. Les résultats révèlent que le choix scolaire est moins un acte de liberté qu'une gestion de contraintes. Il est structuré par un accès inégal à l'information, la prédominance de la proximité comme stratégie de sécurisation, et le poids de la réputation des établissements. L'analyse met en lumière deux logiques familiales paradoxales : la résignation, qui s'apparente à une forme d'autocensure, et les stratégies de contournement pour pallier les failles du système. En conclusion, ce travail montre que le faible capital culturel des familles (Bourdieu & Passeron,1970) se traduit par une faible capabilité (Sen,1999) à exercer un choix réel. Le "libre choix" reste un droit formel dont l'appropriation est inégalement distribuée, participant ainsi à la reproduction des inégalités scolaires.