La composante apériodique de l’EEG peut-elle constituer un marqueur pharmacodynamique fiable des effets des médicaments sur le cerveau humain ?
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- La composante apériodique de l’électroencéphalographie (EEG), caractérisée par une décroissance spectrale de type 1/f, est aujourd’hui reconnue comme une dimension informative à part entière du signal électrophysiologique. Plusieurs travaux récents suggèrent que son exposant spectral pourrait refléter certaines propriétés globales de l’activité synaptique corticale, notamment l’équilibre entre excitation et inhibition. Dans ce contexte, cette composante pourrait constituer un biomarqueur pharmacodynamique potentiel des effets des médicaments agissant sur le système nerveux central. L’objectif de ce mémoire bibliographique était d’évaluer de manière critique si la composante apériodique de l’EEG peut constituer un biomarqueur pharmacodynamique fiable des effets des médicaments sur le cerveau humain. Une recherche bibliographique structurée a été réalisée sur PubMed et a permis d’identifier 18 études humaines répondant aux critères d’inclusion définis. Les résultats mettent pour certains cas en évidence une modulation relativement cohérente de l’exposant spectral selon des mécanismes pharmacologiques étudiés. Les agents GABAergiques, tels que le propofol ou le thiopental, sont clairement associés à une augmentation de la pente spectrale, ce qui est compatible avec une activité cérébrale plus synchronisée ainsi qu’a une augmentation relative des processus inhibiteurs. À l’inverse, les antagonistes NMDA, notamment la kétamine et l’eskétamine, induisent eux généralement un aplatissement du spectre qui est associé à une augmentation relative de l’excitation corticale ainsi que de l’activité gamma. Ces observations soutiennent donc l’hypothèse plausible d’un lien entre la composante apériodique et l’équilibre existant entre excitation/inhibition. Cependant, cette interprétation reste indirecte et limitée par la sensibilité de la composante apériodique à de nombreux facteurs non pharmacologiques ainsi que par l’absence actuelle de standardisation méthodologique. En conclusion, la composante apériodique apparaît comme un marqueur sensible des modifications globales de l’activité cérébrale induites par des composés pharmacologiques, mais son utilisation comme biomarqueur pharmacodynamique validé nécessite encore des travaux complémentaires.