Implication de l'inhibition en lecture dans les difficultés de lecture des enfants dyslexiques.

(2022)

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La dyslexie est un trouble d’apprentissage complexe dont les processus déficitaires sous-jacents sont encore peu connus. Parmi les mécanismes impliqués dans une tâche de lecture, l’inhibition semble jouer un rôle important. Cependant, l’inhibition elle-même est une fonction complexe dont les sous-composantes n’ont pas encore clairement été identifiées. L’objectif de ce mémoire est double. Il vise d’une part à mieux comprendre si les enfants dyslexiques présentent un déficit d’inhibition général ou spécifique en lecture et d’autre part, la manière dont les processus d’inhibition déficitaires se manifestent en lecture. 85 enfants (28 enfants dyslexiques et 57 enfants tout-venant) de 4ème primaire ont été comparées dans plusieurs tâches d’inhibition en lecture et d’inhibition générale. L’inhibition en lecture a été mesurée sur base d’une tâche de lecture de mots et une tâche de lecture de phrases. Pour la première tâche informatisée, il était demandé aux enfants de lire une série de mots contenant des voisins orthographiques distancés de 1 à 3 mots et de fréquence haute ou basse. Pour la seconde tâche, les participants devaient lire des phrases congruentes ou non. Dans les contextes d’incongruence, un mot était remplacé par son voisin orthographique. Ensuite, deux tâches d’inhibition cognitivo verbale appariées aux deux tâches de lecture ont été administrées aux participants. Une première tâche de dénomination rapide (RAN) consistait à nommer une série d’images contenant des voisins orthographiques. Une seconde tâche (Hayling) consistait à compléter des phrases par un mot non-congruent avec le contexte mais syntaxiquement adéquat. Enfin, une dernière tâche d’inhibition motrice (Simon) a été présentée aux enfants. Une ANOVA à mesures répétées a été utilisée pour comparer les performances des enfants dans les trois types d’inhibition (en lecture, cognitivo-verbale et motrice). Les résultats montrent que les enfants dyslexiques commettent plus d’erreurs et ont des temps de réponse et de latence plus élevés que les enfants tout-venant dans les tâches d’inhibition en lecture. En revanche, ils ne se distinguent pas des enfants tout-venant en ce qui concerne l’inhibition cognitivo-verbale. Les enfants dyslexiques présentent donc bien un déficit d’inhibition spécifique en lecture plutôt qu’un déficit d’inhibition général.