Déplacements climatiques et sécurité alimentaire dans la région des Grands Lacs : analyse de l’effectivité de la Convention de Kampala
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- Résumé du travail de fin d’étude Les déplacements internes connaissent une croissance sans précédent. Selon le rapport 2025 de l’Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC), 83,4 millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur de leur propre pays à la fin de l’année 2024, dont 38,8 millions en Afrique, faisant du continent le principal foyer de déplacements internes dans le monde. La République démocratique du Congo (RDC), le Soudan, la Somalie, le Nigeria et l’Éthiopie figurent parmi les pays les plus touchés, sous l’effet combiné des conflits armés, des chocs économiques et des catastrophes naturelles. Comparées aux chiffres de 2018, ces statistiques montrent une évidente croissance numérique de personnes déplacées, révélant l’ampleur croissante des crises multidimensionnelles qui frappent les populations africaines. Cette dynamique s’accompagne d’une dégradation marquée de la sécurité alimentaire. Les rapports des agences internationales font mention de l’insécurité alimentaire causée non seulement par des conflits et des perturbations économiques, mais aussi par la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes ; sécheresses, inondations, glissements de terrain ou éruptions volcaniques qui compromettent les systèmes agricoles et fragilisent les moyens de subsistance (FAO, 2024 ; GIEC, 2023 ; OIM, 2024). Dans la région des Grands Lacs, cette interaction entre l’instabilité et les pressions environnementales est particulièrement manifeste. En RDC, par exemple, l’escalade des violences dans l’Est du pays a provoqué le déplacement de plus de 21 millions de personnes, tandis que 2,7 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë dans des zones où les réserves alimentaires et les infrastructures humanitaires ont été sévèrement affectées (OCHA, 2025). Les personnes déplacées internes (PDI) ne bénéficient d’aucune reconnaissance et d’aucune protection en droit international contrairement aux réfugiés qui sont protégés par la Convention de Genève de 1951. Les recherches juridiques se sont-elles davantage intéressées aux migrations transfrontalières qu’aux mobilités internes, laissant un vide juridique concernant les vulnérabilités spécifiques des PDI et les réponses institutionnelles nécessaires pour y faire face ? Ce travail de fin d’étude apporte une ébauche de réponses à ce questionnement de fond.