Des colonies à l’agro-industrie : les mutations du commerce du sucre entre l’Amérique et l’Europe (XVIIIe-XIXe siècles): Circuits, acteurs et structures d’une denrée transatlantique

(2026)

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Ce travail de fin d’études ambitionne d’analyser les mutations du commerce transatlantique et européen du sucre au XVIIIe et XIXe siècle, marquant le passage d’une économie de plantation coloniale à une agro-industrie de masse. Cette recherche s’articule autour d’une problématique centrale : Dans quelle mesure la transition entre le XVIIIe et le XIXe siècle engendre-t-elle une mutation profonde des modalités du commerce sucrier, qui redéfinit les circuits, les acteurs et les structures de ce négoce en Europe ? L’enjeu est alors d’appréhender les évolutions majeures de ce marché au cours cette période charnière. Pour y répondre, la démarche méthodologique croise des données qualitatives et quantitatives tout en s’appuyant sur un corpus de sources d’Ancien Régime issu d’explorateurs et de traités de commerce ainsi que des archives institutionnelles et statistiques du XIXe siècle. L’analyse s’appuie également sur l’historiographie récente afin de contextualiser, combler et de nuancer ces documents d’époque. Au terme de cette recherche, ce travail de fin d’étude démontre trois résultats majeurs. Premièrement, les révolutions atlantiques et l’effondrement de Saint-Domingue entraînent la déconstruction du régime protectionniste de l’Exclusif et forcent une relocalisation de la culture de la canne vers Cuba et la Jamaïque. En second lieu, la production se transforme sous le double effet de l’émergence du sucre de betterave en Europe et de la transition sociale de la traite négrière vers le système contractuel de l’engagisme. Enfin, les circuits de redistribution se restructurent avec le déclin des grands ports coloniaux d’Ancien Régime au profit de réseaux fluviaux et ferroviaires modernes polarisés par les les raffineries continentales.