L'influence de la dépression sur la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles chez le sujet alcoolique : une étude en potentiels évoqués

(2006)

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L’alcoolisme et la dépression occupent une place importante parmi les pathologies psychiatriques de notre siècle. L’intérêt grandissant de la communauté scientifique envers celles-ci s’explique par leur impact majeur sur le fonctionnement social de l’individu qui en est affecté. Or, la qualité des interactions sociales dépend largement du bon décodage des comportements non-verbaux constituant le principal vecteur de la communication des émotions. Cet exposé s’intégre dans la lignée des recherches examinant les capacités de reconnaissance des expressions faciales émotionnelles au sein de populations souffrant de troubles psychiatriques, il se focalise sur l’étude de l’influence de la dépression sur la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles chez le sujet alcoolique. La première partie de l’exposé est consacrée à une revue de littérature ayant trait dans un premier chapitre à la problématique des émotions. Dans un premier volet, nous approchons la notion d’émotion. Dans un deuxième volet, nous approchons le concept de différenciation des émotions. Dans troisième volet, nous abordons la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles et les variables impliquées dans celle-ci, l’importance des expressions faciales émotionnelles dans les relations interpersonnelles et leurs corrélats électrophysiologiques. Le dernier volet est centré sur trois émotions négatives, à savoir, la joie, la colère et la tristesse. Le second chapitre aborde l'alcoolisme, sa définition et les études qui ont examiné la présence d'un déficit de reconnaissance des expressions faciales émotionnelles chez les sujets alcooliques, à un niveau comportemental. Nous détaillons ensuite les études en potentiels évoqués qui ont tenté de spécifier l'impact de l'alcoolisme sur les composantes électrophysiologiques générées en réponse au traitement des stimuli visuels simples et complexes. Le troisième chapitre se centre sur la dépression. Dans une première section, nous présentons les aspects généraux. La deuxième section est consacrée aux troubles cognitifs associés à celle-ci. Une troisième section est dédiée aux études examinant l'influence de la dépression sur la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles. Une quatrième section est consacrée les études qui se sont attachées à examiner les corrélats électrophysiologiques à la dépression dans le traitement des stimuli visuels simples et complexes. Enfin, ce chapitre se clôture par une présentation succincte des anomalies structurales et fonctionnelles rapportées dans la dépression. Le quatrième chapitre traite de la comorbidité entre l'alcoolisme et la dépression. Nous présenterons les données épidémiologiques et les études disponibles concernant cette comorbidité. Nous soulignons ensuite la nécessité de prendre en compte l’ordre d’apparition des deux pathologies. Enfin, nous détaillons certaines études en potentiels évoqués qui ont évalué l'effet de la double pathologie sur les caractéristiques des composantes électrophysiologiques des sujets. La seconde partie de travail présente une expérience effectuée via la technique des potentiels évoqués qui a été menée sur quatre groupes de participants se distinguant quant à la présence d’alcoolisme et de dépression. Cette étude explore, au moyen de deux tâches principales, l’influence de la dépression sur la reconnaissance des expressions faciales émotionnelles chez les sujets alcooliques. Lors d’une première tâche, les sujets devaient juger du genre des visages qui leur étaient présentés. Dans la seconde, ils devaient juger de la nature des expressions faciales émotionnelles créées à l’aide de la procédure de morphing. Les résultats observés vont dans le sens des études n’ayant pas montré de déficit majeur au niveau des capacités de traitement des EFE chez les sujets dépressifs et alcooliques. Par ailleurs, les données électrophysiologiques montrent des différences subtiles, associées au traitement d’émotions spécifiquement liées aux deux pathologies étudiées, bien qu’aucun effet spécifique à la présence de dépression n’apparaissent clairement. Enfin, nous terminons notre exposé par l’interprétation des résultats en rapport avec nos hypothèses de départ et nous soulignerons les limites de notre étude ainsi que quelques perspectives éventuelles de recherche.