De l'évitement à l'attraction: exploration des biais attentionnels dans l'anxiété des mathématiques: une étude en eye-tracking.
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- Contexte : Les individus anxieux ont tendance à orienter leur attention de manière préférentielle envers les stimuli menaçants et avoir ensuite des difficultés à s’en désengager. Des biais similaires envers les stimuli mathématiques pourraient contribuer à l’émergence et au maintien de l’anxiété mathématique. Cependant, les résultats des recherches restent contradictoires, possiblement en raison de l’utilisation de mesures ponctuelles de l’attention, telles que les temps de réaction, qui ne reflètent pas son évolution dans le temps. Objectifs : Cette étude a recours à l’eye-tracking pour identifier la nature des biais attentionnels associés à l’anxiété des mathématiques en mesurant le déploiement de l’attention visuelle de façon continue. Par ailleurs, elle examine si ces biais sont stables ou fluctuent en fonction du contexte. Méthodologie : 48 étudiant·e·s ont rempli des questionnaires évaluant plusieurs types d’anxiété et réalisé une tâche en eye-tracking en deux phases : (1) exploration libre de deux mots (math-math, math-bio, bio-math ou bio-bio), (2) désengagement/engagement attentionnel entre les mots. Ces deux phases ont été effectuées à deux reprises : avant et après un test d’arithmétique. Résultats : En exploration libre, avant le test d’arithmétique, plus l’anxiété mathématique était élevée, moins le regard se portait longtemps sur les mots mathématiques. Après le test, les participant·e·s anxieux·ses des mathématiques regardaient plus rapidement les mots mathématiques. En tâche d’engagement/désengagement, aucun effet spécifique de l’anxiété des mathématiques n’a été observé sur les mots mathématiques. Toutefois, en exploratoire, nous observons qu’avant le test, les participant·e·s fortement stressé·e·s par le test présentaient un ralentissement général de l’engagement, tandis qu’après le test, ce ralentissement restait présent mais était moins marqué pour les mots mathématiques que pour les mots neutres (bio). Conclusion : L’anxiété mathématique se manifeste par de l’évitement en situation neutre, mais se traduit par de l’attraction en contexte émotionnel. Cela suggère que les biais attentionnels envers les stimuli mathématiques chez les personnes anxieuses des mathématiques varient selon le contexte.