Le NIMBY comme élément de construction de l'action publique : Analyse comparative de deux cas locaux à Frameries et à Mons

(2026)

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Ce mémoire analyse la manière dont les conflits locaux dits NIMBY reconfigurent la construction de l’action publique locale à travers deux cas d’aménagement structurel. Le premier projet concerne l’implantation de l’usine Clarebout Potatoes à Frameries. Le second concerne le projet d’aménagement d’une aire d’accueil pour les gens du voyage à Jemappes (Mons)). Il interroge les interactions entre une pluralité d’acteurs (citoyens, élus, médias). Et en particulier, celles avec les élus locaux qui sont amenés à absorber, contourner ou transformer ces controverses. Le cadre théorique mobilise principalement la sociologie politique de l’action publique de Patrick Hassenteufel, qui conçoit l’action publique comme le produit d’interactions entre une pluralité d’acteurs dotés de ressources, d’intérêts et de stratégies différents. L’approche est complétée par les apports liés à la construction des problèmes publics, à la mise sur agenda et aux conflits d’aménagement (publicisation, de politisation, de ressources d’acteurs, de fenêtre d’opportunité et de registres conflictuels). Sur le plan méthodologique, la recherche repose sur une démarche qualitative et comparative. Elle s'appuie sur huit entretiens semi-directifs. Ces éléments sont complétés par un état de l'art, ainsi que par l'analyse de la presse locale et régionale. La triangulation permet de reconstituer les conflits et d'identifier les ressources qui ont été mobilisées. Il s'agit de mettre en évidence les effets concrets de ces mobilisations sur la décision publique. Le cas Clarebout montre une mobilisation citoyenne structurée, portée par un collectif, fortement médiatisée et progressivement politisée. Elle aboutit à un recadrage du projet, l’implantation industrielle étant abandonnée. Le cas de Jemappes révèle une mobilisation moins organisée mais symboliquement puissante. Elle conduit au retrait rapide du projet initial et à une reconfiguration plus discrète de l’action publique locale. Si le conflit ne produit pas les mêmes effets, il demeure une contrainte centrale pour les élus locaux. Il transforme les rapports de force et modifie les instruments d’actions locales. Il oblige aussi les acteurs locaux à composer avec l’acceptabilité sociale et la médiatisation. Ainsi, l’action publique locale apparaît comme un processus relationnel, conflictuel et continuellement ajusté.