Impact de la mémoire prospective dans l'initiation et le maintien de l'exercise physique
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- De nombreuses données indiquent qu’une grande proportion des individus abandonnent les programmes d’activité physique, même lorsqu’ils sont encadrés ou soutenus (Ekkekakis et al., 2011). Les modèles dominants du comportement d’exercice reposent sur l’hypothèse selon laquelle les individus prennent leurs décisions de manière principalement cognitive et rationnelle, en évaluant les coûts et bénéfices attendus (Dishman & Buckworth, 1996, cités par Ekkekakis et al., 2011). Toutefois, l’efficacité limitée de ces approches a conduit la recherche à s’intéresser davantage aux dimensions affectives et subjectives de l’exercice, notamment au plaisir ressenti et à la perception de l’effort (Manstead & Parker, 1995 ; Van der Pligt et al., 1998 ; Zanna & Rempel, 1988 ; Ekkekakis et al., 2013, cités par Rhodes & Kates, 2015). Ce mémoire s’inscrit dans le cadre du raisonnement prospectif, issu du concept de cognition prospective tel que défini par Szpunar et al. (2014), et vise à examiner comment la formulation préalable d’une séance de course influence l’anticipation de l’effort, l’effort perçu après la séance et le plaisir rapporté. Une étude expérimentale inter-sujets a été menée auprès de 182 participants répartis aléatoirement en trois conditions de framing (facile, difficile, contrôle). Tous les participants ont réalisé une séance de course de 3,5 km sur un parcours identique. L’anticipation de l’effort (RPE prospectif), l’effort perçu après la séance (RPE rétrospectif), leur différentiel (PEexert), le plaisir ressenti ainsi que l’orientation motivationnelle à l’effort ont été mesurés. Les analyses ont été réalisées à l’aide de modèles de régression linéaire de type ANCOVA. Les résultats montrent que le framing influence significativement l’anticipation de l’effort, sans effet sur le PEexert ni sur le plaisir ressenti. Cependant, l’orientation motivationnelle à l’effort constitue un prédicteur significatif du plaisir rapporté. Ces résultats suggèrent que si le raisonnement prospectif influence la construction des attentes avant l’exercice (Szpunar et al., 2014 ; Brevers et al., 2024), l’expérience affective de l’activité physique dépend davantage de facteurs motivationnels que de la concordance entre effort anticipé et effort ressenti (Ekkekakis et al., 2011 ; Rhodes & Kates, 2015).