Évaluation de la MASLD chez les patients vivant avec un diabète de type 2 et liens avec le compartiment musculaire squelettique
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- La prévalence de la maladie hépatique stéatosique liée à une dysfonction métabolique (MASLD) ne cesse d’augmenter et certains mécanismes sont étroitement associés au diabète de type 2 (DT2). En effet, il existe une interconnexion entre l’insulinorésistance et la sévérité de la MASLD. L’implication du muscle squelettique est également étudiée. Les principaux objectifs de cette étude sont d’abord d’évaluer la prévalence de la MASLD dans une cohorte de patients avec un DT2 et ensuite, d’analyser les associations entre le compartiment musculaire squelettique, le DT2 et la MASLD. Actuellement, 213 patients avec un DT2 ont été inclus. On observe que 90% de cette population ont une MASLD et 20% une fibrose hépatique modérée à sévère, dépistée par élastographie transitoire à vibration contrôlée. Plus précisément, les patients avec un indice de masse corporelle (IMC) indiquant une obésité (≥ 30 kg/m2) ont une maladie hépatique plus sévère que les patients en surpoids (25 – 30 kg/m2). De plus, 78% des femmes et 69% des hommes sont considérés comme pré-fragiles ou fragiles sur base du Liver Frailty Index (LFI, indicateur de fragilité). Un LFI robuste est lié à un index de masse musculaire squelettique (SMI) plus élevé, calculé avec bioimpédancemètrie. Par ailleurs, les patients traités par analogue du récepteur au Glucagon-like peptide-1 (GLP-1 RA) ont significativement une masse musculaire diminuée et une masse grasse augmentée. De plus, selon les critères de l’ESPEN et de l’EWGSOP2, on observe que 60% de la cohorte ont une fonction et une masse musculaire correctes et 40% présentent au moins une altération musculaire avec une perte de fonction et/ou une perte de masse musculaire. Enfin, les patients présentant une fibrose hépatique plus élevée présentent un SMI plus important. Ces résultats émettent l’hypothèse de la présence de myostéatose. Afin d’interpréter ces résultats surprenants, de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et de l’échographie musculaire ont été initiés dans un sous-groupe de patients, incluant 10 sujets. Pour l’instant, aucun lien n’est observé entre le SMI et l’infiltration graisseuse du muscle vaste latéral évalué par IRM. Pour mieux comprendre la communication entre le muscle, la MASLD et le DT2, une évaluation quantitative de la myostatine sérique (MSTN), une myokine d’intérêt, a été dosée. Les taux de MSTN sont corrélés au SMI et au test de préhension. On remarque également que les taux de MSTN sont plus élevés chez les hommes. En conclusion, cette étude prospective ouvre des pistes sur les interactions complexes entre la MASLD, le DT2 et le compartiment musculaire squelettique.