L'économie sociale face aux défis du changement climatique et de la pauvreté en République Démocratique du Congo : un e analyse du projet Ibi village à partir de la grille d'analyse EMES

(2026)

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Cette étude analyse dans quelle mesure et sous quelles conditions l’économie sociale peut contribuer simultanément à la lutte contre le changement climatique et à la réduction de la pauvreté en République démocratique du Congo (RDC), à partir du cas d’Ibi village, projet agroforestier situé sur le Plateau des Batéké. Sans considérer a priori Ibi village comme une entreprise sociale, l’analyse mobilise l’idéal-type EMES, complété par une dimension environnementale, ainsi que la typologie ICSEM. Cette recherche s’appuie sur une méthodologie qualitative intégrant une étude de cas unique, deux entretiens semi-directifs, ainsi que l’exploitation de sources documentaires et audiovisuelles, les données étant traitées par analyse thématique et triangulation. Les résultats montrent qu’Ibi village exerce des activités économiques de manière continue, prend des risques et emploie du personnel salarié. Son rôle social se traduit notamment par l’emploi, la formation, la création des écoles, de dispensaires, la fourniture d’eau potable, le soutien aux activités productives et certains services communautaires. Sa composante environnementale repose sur l’agroforesterie, le reboisement, la restauration des savanes et la séquestration du carbone. La différence principale par rapport à EMES est la gouvernance, les communautés et les fermiers étant peu impliqués dans les décisions stratégiques et financières. Au regard de l’ICSEM, le projet adopte une forme hybride tournée majoritairement vers le social business, intégrant des éléments de coopérative sociale du fait des partenariats avec les fermiers et des caractéristiques d’association entrepreneuriale grâce aux dispositifs de formation et de soutien. Sa pérennité suppose une gouvernance plus participative, davantage de transparence, un meilleur suivi des impacts, une diversification économique et une sécurité foncière et territoriale renforcée. Enfin, Ubuntu inscrit ces enjeux dans une éthique environnementale fondée sur l’interdépendance entre communauté, territoire et nature.