Du deuil à la dépression : le rôle de la colère et des mécanismes de défense dans la genèse dépressive

(2026)

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[Objectifs de recherche] Ce mémoire s’intéresse aux processus impliqués dans le passage du deuil à la dépression. Pour ce faire, le rôle de la colère voire la haine dans l’émergence et le maintien des processus dépressifs est investigué, ainsi que la possibilité d’une organisation défensive spécifique à la dépression. [Méthode] Le matériel empirique, analysé à l’aide du theory building case studies, comprend cinq études de cas de dépression. La première porte sur une patiente issue de la Tavistock Adult Depression Study (Fonagy et al., 2015), à partir d’entretiens thérapeutiques retranscrits. Les quatre autres études de cas sont issues d’études systématiques publiées. Les différentes manifestations de la colère ainsi que les mécanismes de défense observés sont analysés, puis confrontés aux théories psychanalytiques existantes sur la dépression, avant d’être comparés entre les différents cas. [Résultats et Discussion] Les analyses indiquent que, chez le patient dépressif, la colère n’est pas niée, mais sa cible initiale l’est. Cette colère se manifeste par l’agression passive, des passages à l’acte ou des comportements destructeurs, particulièrement chez les profils introjectifs. Sur le plan de l’organisation défensive, le clivage de soi est le mécanisme le plus représentatif de la dépression. L’individu est tiraillé entre la nécessité de survivre à l’objet perdu et le besoin de maintenir les liens pour préserver la valeur qu’ils incarnent. Le type de personnalité dépressive (introjective ou anaclitique) semble faire varier les manifestations de la colère ainsi que le schéma défensif. [Perspectives] Il serait pertinent d’examiner plus en profondeur les deux profils de personnalité dépressive décrits par Blatt (1974) et de documenter scientifiquement l’influence de ces profils sur les schémas défensifs et les manifestations de colère. Il est possible que la subjectivation et l’expression de cette colère, dans un objectif de progrès thérapeutique, se réalisent différemment en fonction du type de personnalité.