Kanun et héritage des femmes en Albanie : mécanismes de la marginalisation successorale

(2025)

Files

Muça_47912301_2025.pdf
  • Open access
  • Adobe PDF
  • 3.62 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Ce mémoire examine pourquoi l’égalité successorale formelle en Albanie ne produit pas une égalité effective. Il montre que la persistance du Kanun de Lekë Dukagjini et des routines institutionnelles (notariat, cadastre, titres au « chef de famille », patrilocalité) convertissent les normes égalitaires en renoncements féminins. À partir d’un cadre théorique croisant legal transplants et liminalité, féminisme du droit et violence symbolique, l’étude mobilise l’analyse des textes (Constitution albanaise, Code civil, Code de la famille), une revue socio-historique et des données empiriques : sondage en ligne et témoignages/études de cas. Les résultats mettent en évidence : la pression sociale à préserver l’honneur et la lignée ; des frictions procédurales décourageant copropriété et partage ; des disparités Nord-Sud d’exposition au KLD ; des effets socio-économiques (accès au crédit, autonomie). L’originalité du mémoire tient à la triangulation droit-sociologie-données et à l’identification de mécanismes précis par lesquels la coutume neutralise la loi. Des recommandations ciblent l’enregistrement conjoint obligatoire, la traçabilité notariale des renoncements et des programmes de sensibilisation et d’accompagnement juridique.