À quelles conditions les défenseurs d’un numérique alternatif sont-ils susceptibles de transformer leurs revendications en un mouvement social mobilisateur ?

(2025)

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Dans un contexte mondial globalisé, les technologies numériques se sont imposées dans la plupart des actes de notre vie sociale. Cette numérisation de nos sociétés n’est pas sans poser une série de questions majeures qui ont alimenté, depuis les débuts d’internet dans les années 90, divers motifs de critique. Ceux-ci touchent à des enjeux de libertés individuelles et collectives, en plus des impacts environnementaux et sociaux liés à cette généralisation du numérique. On constate pourtant une accélération de cette numérisation depuis la crise sanitaire du Covid-19 et, avec elle, le recours massif aux solutions et outils développés par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Le présent mémoire s’intéresse aux défenseurs d’un numérique alternatif. Il part du constat que, malgré la viabilité des solutions techniques alternatives que ces acteurs proposent et le travail des associations qui les portent pour les rendre accessibles, celles-ci peinent à rencontrer le grand public. Il pose dès lors la question de savoir comment ces acteurs peuvent parvenir à partager plus largement leurs revendications et à quelles conditions celles-ci pourraient s’inscrire dans une dynamique de mouvement social. En d’autres termes, puisque des formes de résistance existent, comment peuvent-elles être plus généralisées ? Un parti pris a également été d’élargir le champ de cette recherche à des formes de mobilisation émanant de la critique sociale du numérique, avec l’objectif de mesurer les possibles convergences, alliances ou relais entre ces différentes formes de critique. L’analyse empirique s’est ainsi basée sur une enquête menée auprès de deux associations bruxelloises distinctes : TACTIC ASBL, comme actrice de la « critique interne » du numérique, d’une part, et Les Habitant·e·s des Images ASBL - à travers son projet du « Comité humain du numérique » - du côté de la « critique externe », de l’autre. Derrière la question de savoir comment ces formes de résistance peuvent avoir un écho plus large dans la société, se loge une interrogation plus essentielle encore : comment récupérer une capacité collective d’agir face au numérique dominant ?