Dans quelle mesure le genre d'un élève va-t-il modérer la relation entre l'exclusion sociale perçue et son choix de comportement ?

(2025)

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Dans un contexte scolaire où le harcèlement concernerait encore un élève sur trois en Fédération Wallonie-Bruxelles (Pacte pour un Enseignement d’excellence, 2024), de nombreux chercheurs ont tenté de mieux cerner ce phénomène. Ce mémoire s’inscrit dans cette lignée, en examinant dans quelle mesure le genre d’un élève va modérer la relation entre l’exclusion sociale perçue et son choix de comportement. Il s’appuie notamment sur le modèle temporel de la menace des besoins de Williams (2009) et la revue systématique de Rose et Rudolph (2006), qui fondent la formulation de trois hypothèses et d’une analyse exploratoire. Plus précisément, nous supposons que : (1) plus les garçons perçoivent une exclusion sociale élevée, plus ils privilégient un comportement agressif ; (2) plus les filles ressentent cette exclusion, plus elles ont tendance à choisir ; et (3) à adopter un comportement prosocial. L’analyse exploratoire porte sur le lien entre exclusion sociale perçue et comportement d’évitement en fonction du genre. Pour cela, 933 élèves du secondaire inférieur ont complété un questionnaire composé de quatre mesures quantitatives : exclusion sociale perçue, réaction comportementale choisie face à une situation d’exclusion implicite, comportement prosocial objectif et données sociodémographiques. L’étude a ainsi adopté un design quantitatif corrélationnel en contexte écologique. Les résultats vont globalement à l’encontre des hypothèses. Aucune interaction significative entre genre et exclusion sociale perçue n’a été observée pour prédire le comportement choisi. Néanmoins, le genre a eu un effet indépendant : les filles choisissaient plus fréquemment une réaction agressive, tandis que les garçons privilégiaient une réaction prosociale ou d’évitement, indépendamment de leur niveau d’exclusion sociale perçue. En revanche, une interaction significative a été observée pour le comportement prosocial objectif : plus les garçons percevaient une exclusion sociale élevée, plus ils étaient enclins à s'engager dans un comportement prosocial, contrairement aux attentes. Ces résultats offrent une réponse partielle à la question de recherche et suggèrent une influence contextuelle et moins systématique. L’étude ouvre ainsi des perspectives en matière de réplication, d’amélioration méthodologique et de compréhension du rôle modérateur du genre dans ces dynamiques, tout en soutenant les pistes pratiques proposées.