Le risque cardiovasculaire en médecine du travail : concordance entre les versions laboratoire et non laboratoire du modèle OMS et faisabilité de leur intégration en pratique de santé au travail
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- Les maladies cardiovasculaires restent à ce jour une cause majeure de mortalité et d’invalidité dans le monde. Pour les survivants, elles ont un impact non négligeable sur leur qualité de vie et leur participation socioprofessionnelle. En santé au travail, l’identification précoce des travailleurs à risque pourrait renforcer la prévention primaire. Cependant, la plupart des modèles de prédiction du risque cardiovasculaire nécessitent des données biologiques, rarement disponibles dans le cadre de la surveillance de santé en Belgique. Objectifs L’objectif de cette étude est d’évaluer la performance et la concordance de la version clinique, non-lab, du score de risque cardiovasculaire de l’OMS par rapport à la version, lab, intégrant des données de biologies sanguines et d’en analyser l’intégration potentielle en pratique de santé au travail. Méthode Il s’agit d’une étude rétrospective menée à partir d’une base de données préexistante regroupant des données cliniques et biologiques. Pour chaque individu, un score de risque cardiovasculaire à dix ans a été estimé à l’aide des deux versions du modèle de l’OMS. La performance clinique de non-lab a été comparée à celle de lab, considérée comme notre méthode de référence. La faisabilité de leur intégration a été évaluée par le biais d’une enquête auprès des médecins du travail en Belgique. Résultats Nous avons pu mettre en évidence une bonne performance clinique de non-lab par rapport à lab avec une sensibilité satisfaisante (0.79, IC 95% 0.74-0.84) et une haute spécificité (0.95, IC95% 0.94-0.96) et VPN (0.97, IC 95% 0.97-0.98). La corrélation de Spearman (r=0.95 IC 95% 0.917- 0.93), la concordance avec le coefficient kappa de Cohen (k=0.67 IC95% 0.63-0.72) et le diagramme de Bland-Altman ont également démontré une bonne capacité de non-lab à classer les individus selon leur risque comparativement à lab. Discussion et conclusion Nos résultats corroborent ceux de la majorité des études publiées à ce jour. A notre connaissance, cette étude est la première en Belgique, à comparer les deux versions de l’outil de prédiction du risque cardiovasculaire de l’OMS dans un contexte de médecine du travail où l’accès aux biologies médicales est limité. L’outil non-lab de l’OMS pourrait représenter une solution accessible pour cibler les travailleurs à risque et renforcer le lien avec la ligne curative en permettant au médecin du travail d’effectuer un premier filtre et de référer plus efficacement les travailleurs à risque.