Influence de l’habitat sur la relation hôte – parasitoïde entre "Boloria eunomia" et "Cotesia eunomiae"
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- Les interactions hôte-parasitoïde constituent des mécanismes écologiques majeurs. Elles influencent la structuration des communautés d’insectes et la dynamique des populations. Ce travail de recherche explore comment les facteurs environnementaux affectent la relation spécialisée entre "Boloria eunomia" (papillon inféodé aux tourbières et prairies humides) et "Cotesia eunomiae", son unique parasitoïde. L’étude repose sur une approche combinant travail de terrain et l’élevage en incubateur. Elle suit trois axes principaux : (1) la caractérisation de l’habitat des chenilles ; (2) les facteurs influençant la prévalence du parasitisme ; (3) l’effet du parasitisme sur le comportement et le développement larvaire. Concernant l’habitat des chenilles, les résultats montrent qu’elles se localisent préférentiellement dans des microhabitats riches en bistorte ("Bistorta officinalis"), leur plante hôte. Elles se retrouvent aussi dans des microhabitats légèrement plus humides que leur environnement immédiat. Cela souligne l’importance de ces conditions pour leur survie. A l’échelle du site, seul le recouvrement en bistorte reste significatif. La prévalence du parasitisme est associée à des zones moins lumineuses, possiblement en lien avec des comportements de thermorégulation qui rendent les chenilles plus exposées. En revanche, la proximité entre individus ne semble pas affecter significativement le risque de parasitisme. Toutefois, une légère tendance à l’agrégation spatiale des individus parasités a été observé, suggérant un effet potentiel à une échelle plus fine ou localisée. Enfin, les chenilles parasitées sont moins actives et présentent un développement plus lent que les chenilles saines. En effet, l’émergence des cocons du parasitoïde intervient en moyenne 15 jours après la métamorphose en chrysalide des chenilles saines. Ces résultats soulignent l’importance de l’hétérogénéité du micro-habitat dans la régulation des interactions entre hôtes et parasitoïdes. Ils montrent que certaines conditions environnementales locales peuvent moduler l’exposition des hôtes à leurs ennemis naturels. Ainsi, une approche intégrée, tenant compte à la fois des ressources et des interactions biotiques (tel le parasitisme), s’avère pertinente pour mieux comprendre et orienter les actions de conservation des espèces spécialisées vivant dans des milieux menacés.