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NASTRO_1737-25-01_2026.pdf
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- Ce mémoire interroge les mécanismes par lesquels certaines existences animales en viennent à occuper des positions sociales différenciées au sein de la catégorie « animal ». Alors que certaines sont reconnues comme des compagnons, d'autres sont produites comme consommables, nuisibles ou sauvages, cette recherche défend l'hypothèse que ces différences ne découlent pas directement des caractéristiques biologiques des animaux, mais de mécanismes normatifs qui produisent les conditions de leur intelligibilité. La réflexion s'appuie d'abord sur Jacques Derrida afin de déconstruire la catégorie « animal », puis sur les approches matérialistes des rapports sociaux d'espèce qui mettent en évidence la production sociale des différenciations entre les existences animales. À partir d'un déplacement méthodologique de la pensée de Judith Butler, ce mémoire analyse ensuite les mécanismes d'intelligibilité, de performativité et de matérialisation qui contribuent à produire, stabiliser et naturaliser ces positions. Dans cette perspective, le concept de position animale est proposé comme un outil analytique permettant d'interroger la place normative occupée par une existence animale au sein des rapports sociaux d'espèce. Deux études de cas, consacrées au chien de compagnie et au cochon consommable, montrent comment ces positions sont historiquement produites, continuellement reconduites et matérialisées dans les pratiques, les institutions, les espaces et les corps. Ce travail propose ainsi un cadre d'analyse permettant de comprendre les mécanismes sociaux qui organisent les différences de traitement entre les existences animales.