Maternité, entre droit d'être mère et droit de ne pas l'être : Un parcours à travers l'étude de certains romans contemporains français, italiens et de langue anglaise
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- La présente recherche aborde le thème de la maternité à travers deux perspectives: d’une part celle du droit d’être mère et d’autre part celle du droit de ne pas l’être. Cette double thématique (être ou ne pas être mère) est analysée au travers de sept romans traitant de ces sujets et s’inscrivant pleinement dans la société dont ils sont les témoins et le reflet. Tous ont été publiés entre 1970 et nos jours et tous ont marqué leur époque par le grand succès obtenu auprès de la critique et/ou du grand public. Si certains de ces romans ont bénéficié d’une large diffusion, de traductions et rééditions, d’autres ont été adaptés (ou sont en cours d’adaptation) au cinéma ou au théâtre. Il s’agit de romans en provenance d’espaces géographiques variés, entre Europe et Amérique du Nord, mettant en lumière la manière dont ces thématiques divergent ou convergent au sein de ces espaces grâce à une approche comparative. La mobilisation en faveur de l’IVG (interruption volontaire de grossesse) et de la contraception (droit de ne pas être mère) pris beaucoup d’ampleur dans les années 1960 et 1970, conduisant ainsi graduellement à la légalisation de l’avortement en Europe et ailleurs. Cette période est abordée au sein du roman d’Oriana Fallaci LETTERA A UN BAMBINO MAI NATO, publié en Italie en 1975, autour du droit de ne pas être mère, ainsi que dans L’ÉVÉNEMENT d’Annie Ernaux, relatant l’expérience de l’avortement clandestin de l’écrivaine en 1964. Quant à la thématique autour du droit d’être mère, c’est à partir de la fin du XX siècle que les avancées médicales dans le domaine de la procréation ont donné lieu à la prolifération d’une littérature destinée d’une part à expliquer et guider toute personne à travers ces nouvelles techniques et d’autre part à partager l’expérience de la PMA (procréation médicalement assistée) sous forme de témoignages. C’est ce que les trois romans analysés au cours de cette recherche tentent de faire en racontant cette même expérience, telle une obsession à vouloir un enfant à tout prix qui se traduit en un parcours-calvaire de PMA. Il s’agit de THE BABY VOID: MY QUEST FOR MOTHERHOOD de Judith Uyterlinde, LE DIFETTOSE d’Eleonora Mazzoni et FÉLICITATIONS C'EST UNE FIV! de Karine Degunst. Au delà du parcours de chaque femme, à travers le roman MOTHERHOOD de Sheila Heti, tel un trait d’union entre les deux visions (être ou ne pas être mère), cette recherche s’interroge sur ce que veut dire avoir un enfant dans la société et ce que l’enfant et la maternité signifient dans notre culture. Si les ouvrages autour de l’enfant à tout prix et du droit à l’enfant mettent la mère au centre du roman, de plus en plus de pères réclament aussi l’enfant ou le droit à l'enfant et une littérature a commencé à prendre forme. Celle-ci permet d’éclairer certains aspects de la maternité (côté femme) et ses implications sur la paternité (côté homme). C’est la raison pour laquelle le roman FIV À PAPA de Paul Canuhèse, qui raconte son parcours de PMA en tant que père, a également été inclus dans la présente recherche. Bien qu’à première vue le thème du droit d’être mère semble se positionner à l'opposé de celui du droit de ne pas l’être, en fin de parcours, à la lumière de ces sept romans, le résultat sera bien plus nuancé. En effet, aujourd’hui encore, malgré les nombreuses libertés acquises, la maternité continue à être grandement associée à la femme dans l’imaginaire collectif des hommes et des femmes, comme faisant partie de ces conventions et normes sociales qui régissent la société, une société largement construite sur la différence et basée sur les rapports de pouvoir. Aussi, si maternité et femme n’ont pas fini de renégocier et redéfinir leur relation et leur rôle respectif, cependant la société et sa littérature sont encore très focalisées sur l’absence d’enfant plutôt que sur le choix de ne pas en avoir.The present research addresses the concept of motherhood and its relationship with female identity over the past 50 years, from the 1970s onwards, from two perspectives: on the one hand the right to be a mother and on the other the right not to be a mother. Although at first sight the two themes (to be or not to be a mother) appear to be contradictory and opposite from one another, by the end of my research the outcome is far less clear-cut than originally expected. Indeed, since the context of the 1970s women's movements, fighting to legalise abortion and contraception (right not to be a mother), to today’s booming IVF techniques (right to be a mother), women are still striving for equality and for the right of free will while negotiating their female identity within a patriarchal society. The present research is based on the analyses of seven novels, each being the reflection and witness of the society in which they have been written.