L’impact des investissements financiers en santé réalisés pendant la Covid-19 sur l’efficacité des systèmes de soins à travers divers pays d’Europe : Une analyse empirique
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- Lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé l’Europe, les systèmes de santé ont été mis à rude épreuve. Face à la saturation des hôpitaux, à la pénurie de personnel et aux tensions logistiques, les gouvernements ont investi des sommes considérables pour contenir la crise. Ces investissements visaient à maintenir l’offre de soins, améliorer les capacités hospitalières, accélérer la digitalisation du secteur et renforcer la résilience des systèmes. Mais une fois l’urgence passée, une question plus fondamentale s’est posée : ces dépenses ont-elles réellement eu un impact positif sur la performance des systèmes de santé ? C’est à cette question que ce mémoire tente de répondre. Pour ce faire, il commence par explorer les principes économiques du financement public en santé, mettant l’accent sur les notions de soutenabilité, d’efficacité et de temporalité des résultats. Il s’appuie ensuite sur une analyse empirique concernant dix pays européens entre 2015 et 2023. L’objectif : évaluer si les investissements réalisés durant la pandémie ont eu un impact mesurable sur la performance des systèmes de soins, à travers un indicateur principal de santé publique. L’étude montre que l’augmentation des dépenses publiques ne suffit pas, à elle seule, à générer une amélioration immédiate de la performance. En revanche, certains effets différés apparaissent, indiquant que l’influence des investissements en santé se développe progressivement. L’analyse montre également que certains indicateurs, habituellement considérés comme favorables (comme le nombre de lits hospitaliers), ne sont pas systématiquement liés à de meilleures performances, remettant en question certaines hypothèses intuitives. Au terme de cette démarche, plusieurs enseignements se dégagent. D’abord, l’efficacité des investissements dépend fortement de leur ciblage : il ne s’agit pas simplement de dépenser plus, mais de dépenser mieux. Ensuite, pour avoir un effet durable, les investissements doivent s’inscrire dans une perspective structurelle à long terme, et non dans une logique purement conjoncturelle. Enfin, l’évaluation des performances sanitaires ne doit pas se limiter aux indicateurs quantitatifs, mais aussi prendre en compte des dimensions qualitatives telles que l’accessibilité, la prévention ou l’équité. Ce mémoire encourage donc les décideurs à repenser la manière d’investir dans la santé : avec rigueur, vision et exigence stratégique.