Impact de la consommation d’aliments ultra-transformés : enjeux de santé publique et influence des facteurs sociaux, culturels et environnementaux dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean

(2026)

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Ce mémoire avait pour objectif d’identifier les déterminants sociaux, culturels et environnementaux de la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean. À travers une approche qualitative fondée sur des entretiens semi-directifs menés auprès d’habitants, de professionnels de santé et d’acteurs institutionnels, l’étude visait à mieux comprendre les facteurs influençant les pratiques alimentaires dans un contexte urbain marqué par des inégalités sociales. Les résultats montrent que la consommation d’AUT est présente au quotidien des participants, bien que sa fréquence varie selon les profils et les situations. Cette consommation est principalement associée à des contraintes concrètes telles que le manque de temps, les difficultés financières, les horaires de travail, la fatigue ou encore l’organisation familiale. Les AUT apparaissent souvent comme des solutions pratiques, accessibles et peu coûteuses. L’étude met également en évidence le rôle important de l’environnement alimentaire local, caractérisé par une forte présence de snacks, de fast-foods et de commerces proposant des produits ultra-transformés à faible coût. Toutefois, les résultats montrent que les comportements alimentaires ne peuvent pas être réduits à de simples choix individuels. Ils sont influencés par des facteurs sociaux, économiques, culturels et environnementaux qui interagissent entre eux. Par ailleurs, plusieurs contradictions apparaissent entre les discours des différents groupes interrogés. Alors que certains acteurs institutionnels insistent sur un manque de littératie alimentaire, plusieurs habitants, au contraire, manifestent une conscience des risques liés à une consommation fréquente d’AUT. De plus, certains participants en situation de précarité déclarent parvenir à maintenir une alimentation relativement équilibrée grâce à diverses stratégies d’adaptation. Ces résultats soulignent l’hétérogénéité des trajectoires individuelles et la complexité des pratiques alimentaires. Enfin, cette étude met en évidence les limites des approches de prévention centrées uniquement sur l’information et la responsabilisation individuelle. Elle souligne l’importance de développer des politiques de santé publique plus globales, agissant à la fois sur les conditions de vie, l’accessibilité économique des aliments sains et l’environnement alimentaire, dans une perspective de réduction des inégalités sociales de santé et de justice alimentaire.