Les représentations des acteurs de la santé génésique concernant les compétences des sages-femmes belges en matière d'IVG médicamenteuse
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- Contexte – À travers le monde, les femmes ont recours, de manière plus ou moins sécurisée, aux méthodes d’avortement. La question de l’IVG s’observe alors sous le prisme de la santé publique et des droits sexuels et ce, même dans les pays où la législation l’autorise. En effet, différentes barrières peuvent entraver l’accès à des soins d’avortement sûrs. C’est aussi ce qui s’observe en Belgique, où l’avortement est pourtant légal. Pour assurer une offre de soins suffisante, il est recommandé que les sages-femmes puissent réaliser des IVG (OMS, 2020 ; OMS, 2022). Qu’en est-il en Belgique ? Quel est le rôle de ces professionnelles et quel pourrait-il être ? Qu’en pensent les acteurs de la santé génésique ? Ce mémoire s’attache à identifier les représentations de ces acteurs vis-à-vis des compétences des sages-femmes belges en matière d’IVG médicamenteuse. Méthode - Notre étude repose sur une méthode qualitative et s’inscrit dans une démarche exploratoire. Nous avons mené 18 entretiens semi-dirigés auprès de 3 catégories d’acteurs : des médecins pratiquant des IVG (gynécologues-obstétriciens et médecins généralistes), des sages-femmes accompagnant des IVG ainsi que des personnes proches d’organismes intéressés par la question de l’IVG et/ou représentant les différents types de professionnels interrogés. Les résultats ont été analysés sur base de catégories et sous-catégories thématiques et conceptualisantes. Résultats - Les sages-femmes belges ont des compétences en matière d’IVG médicamenteuse, mais elles ne leur sont pas reconnues légalement. En ce qui concerne l’extension de leurs compétences en la matière, plusieurs questions subsistent : comment ? À quelles conditions ? Dans quel cadre ? Quelles limites fixer à leur autonomie? Dans la discussion, ces résultats sont abordés à la lumière de la littérature scientifique et du contexte légal et organisationnel belge. Conclusions - Les sages-femmes pourraient représenter une forme de solution à certaines difficultés rencontrées dans la pratique de l’IVG. Toutefois, cette recherche soulève des questions fondamentales concernant la perception de l’IVG et de la profession de sage-femme, qu’il semble nécessaire d’aborder avant d’envisager une telle extension de compétences.