Analyse de la perception du bokashi en tant que levier de transition agroécologique : étude de cas dans la vallée centrale de Tarija en Bolivie

(2025)

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Ce mémoire se concentre sur l’analyse de la perception, de l’acceptation et du potentiel du bokashi comme alternative aux amendements organiques traditionnels dans la vallée centrale de Tarija, en Bolivie. Il s’inscrit au sein d’un programme de transition agroécologique mené par l’ONG Esperanza Bolivia. L’étude de cas s’intéresse aux petits producteurs et analyse dans quelle mesure le bokashi, amendement organique fermenté, peut améliorer la fertilité des sols, renforcer la productivité agricole et soutenir une transition vers des pratiques plus durables, tout en intégrant les dimensions sociales, économiques et culturelles propres aux systèmes familiaux de la région. Cette étude adopte une démarche mixte qui combine des enquêtes quantitatives et des approches qualitatives participatives. D’une part, un questionnaire structuré a été proposé à un échantillon de 21 producteurs sélectionnés par quotas territoriaux parmi les bénéficiaires du programme d’Esperanza Bolivia. D’autre part, le Tool for Agroecology Performance Evaluation (TAPE) de la FAO a été utilisé auprès de 123 producteurs pour quantifier, selon dix dimensions agroécologiques standardisées, le degré de transition vers des systèmes durables. Les analyses statistiques ont exploré les déterminants de l’adoption du bokashi et les variations de performance agroécologique, tandis qu’une analyse de contenu des entretiens a fait émerger freins, leviers et besoins exprimés par les agriculteurs. Cette étude montre que le bokashi est un levier prometteur pour la transition agroécologique dans la vallée centrale de Tarija. Bien qu’il améliore le sol et la disponibilité des nutriments, le fumier reste majoritairement privilégié pour son accessibilité. L’adoption du bokashi est freinée par des contraintes techniques, organisationnelles et l’accès aux intrants, mais facilitée par un accompagnement technique. Il n’y a pas de résistance culturelle forte, les producteurs étant demandeurs de formations pratiques. Le bokashi présente des bénéfices sur plusieurs dimensions agroécologiques, tout en nécessitant une intégration prudente avec les pratiques traditionnelles. La combinaison de l’outil TAPE avec des approches participatives permet un diagnostic riche et contextualisé. Pour l’avenir, il est crucial de renforcer la formation et de faciliter l’accès aux matières premières.