Rôle de la signalisation IFN-I dans le recrutement des sous-populations de lymphocytes B au cours des réponses induites par les particules toxiques respirables
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Mutshipay-Nkashama_80272400_2026.pdf
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- L'exposition chronique à des particules respirables toxiques est un facteur environnemental majeur dans le développement de pathologies pulmonaires non infectieuses. Une fois déposées dans les alvéoles, ces particules sont internalisées par les cellules immunitaires résidentes, déclenchant une mort cellulaire immunogène et la libération de signaux de danger. Cette activation répétée favorise à long terme une réponse immunitaire chronique, associée à des manifestations inflammatoires, fibrosantes et auto-immunes. Des études menées préalablement au laboratoire ont démontré que la silice cristalline induit la production d'interférons de type I (IFN-I) dans les poumons de souris, jouant un rôle clé dans l'organisation de la réponse inflammatoire. Dans cette étude à plus long-terme (6 mois), nous avons confirmé une diminution de l'infiltration et de l'activation des cellules myéloïdes et des lymphocytes T chez des souris déficientes pour le récepteur des IFN-I (IFNAR KO). Ce travail avait pour objectif de décrire pour la première fois les sous-populations de lymphocytes B dans les poumons, la rate et les ganglions trachéobronchiques de souris exposées à la silice, ainsi que d’évaluer l’implication de la signalisation IFN-I dans cette réponse. Nos résultats montrent que la silice induit un recrutement important de lymphocytes B totaux (CD19⁺), B-2 (CD43⁻) et B-1b (CD43⁺CD5⁻) dans les poumons et les ganglions trachéobronchiques des souris sauvages, sans modifier la présence des plasmocytes (CD138⁺) et des cellules B-1a. Ce recrutement est significativement diminué chez les souris IFNAR KO, indiquant que la signalisation IFN-I est nécessaire à l'accumulation des lymphocytes B2 et B1b à travers les sites inflammatoires. À l'inverse, dans la rate, la silice provoque une accumulation marquée de lymphocytes B-2 et B1b chez les souris IFNAR KO. Ce résultat suggère un défaut de recrutement de ces lymphocytes à partir de la rate vers les foyers inflammatoires en l'absence de signalisation IFN-I. En effet, une réduction importante des teneurs en chimiokine CXCL13 et du nombre de lymphocytes B CXCR5⁺ dans les poumons a été observé en absence d’IFNAR. En conclusion, les IFN-I guident l’accumulation des lymphocytes B2 et B1b dans le tissus pulmonaires et les organes lymphoïdes secondaires affectés par les particules en favorisant l’activation d’un réseau de chimiokines spécifiques. Ce mécanisme pourrait contribuer au lien entre l'exposition chronique aux particules toxiques, les réponses des lymphocytes B et le développement de pathologies inflammatoires et auto-immunes.