LA FAMINE COMME ARME DE GUERRE: Analyse comparative des opérations humanitaires au Biafra et au Yémen

(2026)

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NJIKI TOUKAM Vanessa Gildasse-10202401-2026.pdf
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Cette étude se penche sur un aspect particulièrement tragique des conflits armés : la manière dont la famine peut cesser d’être une conséquence directe de la guerre pour devenir une véritable arme. À travers une analyse comparative de la guerre du Biafra (1967-1970) et du conflit au Yémen (depuis 2015), l’étude met en évidence que la privation de nourriture, de soins et de moyens de subsistance ne découle pas uniquement des destructions engendrées par les combats. Elle peut également résulter de décisions politiques et militaires intentionnelles visant à affaiblir les populations civiles. Pour répondre à cette question, le mémoire croise deux approches : une démarche qualitative et comparative, appuyée sur l'économie politique des famines, la sociologie critique de l'aide humanitaire, la théorie des acteurs et le droit international humanitaire. Ce croisement permet de mieux saisir comment le contrôle des ressources s'exerce concrètement, et ce qu'il produit sur les populations civiles. Ce qui ressort de l'analyse est assez frappant : dans les deux conflits, le contrôle des ports, des routes, des marchés, de l'énergie et de l'accès à l'aide n'est jamais accessoire, c'est souvent là que se joue l'essentiel. Au Biafra, cela passe par un isolement territorial brutal et un blocus assumé. Au Yémen, la logique est la même mais les formes sont différentes : le pouvoir est fragmenté, les obstacles sont souvent administratifs, et les restrictions à la circulation de l'aide se glissent dans des mécanismes moins visibles mais tout aussi efficaces. Entre les deux cas, les ressemblances sont réelles : l'importance du blocus comme outil de pression, la dépendance croissante des populations à l'aide extérieure, et la politisation de cette aide qui finit toujours par être négociée, conditionnée, parfois détournée. Mais les différences comptent aussi les contextes géopolitiques ne sont pas les mêmes, la couverture médiatique n'a pas les mêmes effets, et le système humanitaire international n'est plus celui des années 1960. Ce que ce mémoire montre au fond, c'est que la famine reste une arme redoutablement efficace et que l'aide humanitaire, aussi indispensable soit-elle, ne peut pas grand-chose quand il n'y a pas derrière elle une volonté politique réelle, des mécanismes sérieux de responsabilité, et un système international capable de faire respecter ses propres règles.