L'impact du sevrage alcoolique sur les habitudes alimentaires

(2025)

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Le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) est une affection médicale caractérisée par une incapacité à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré ses conséquences négatives sur le plan social, professionnel et sur la santé. Une conséquence majeure de la consommation chronique d’alcool est la malnutrition. Dans le cadre d’une étude menée sur des patients atteints de TUA, hospitalisés pour un sevrage aux Cliniques Universitaires Saint-Luc, nous avons étudié les changements de leurs habitudes alimentaires au cours du sevrage, à trois temps distincts (T1 : avant l’arrêt de l’alcool ; T2 : après 2 semaines d’abstinence ; T3 : après 3 mois d’abstinence). Des enquêtes alimentaires ont été réalisées chez 50 patients. D’un point de vue quantitatif, nous nous sommes intéressés aux macro- et micronutriments avec une attention particulière pour les différents types de sucres. La qualité de l’alimentation a été évaluée à l’aide du score NOVA. Nous avons ensuite examiné les liens entre leur alimentation et leurs symptômes psychologiques tels que la dépression, l’anxiété, la fatigue, le craving et la sociabilité. Enfin, nous nous sommes intéressés aux changements de leur composition corporelle au cours du sevrage. Les résultats actuels montrent que les habitudes alimentaires des patients atteints de TUA évoluent au cours du sevrage, avec des modifications notables de l’énergie totale, des fibres et de l’amidon. Par ailleurs, une consommation accrue de saccharose a été observée au début de sevrage. La qualité de l’alimentation ne change pas et reste majoritairement composée d’aliments transformés et ultra-transformés. Sur le plan psychologique, une amélioration des symptômes est constatée au cours du sevrage, à l’exception de l’anxiété. Outre l’effet bénéfique de l’arrêt de l’alcool, les corrélations positives entre le score NOVA et les symptômes psychologiques suggèrent qu’une alimentation de meilleure qualité pourrait favoriser davantage cette récupération. Enfin, la composition corporelle des patients TUA ne varie pas au cours du sevrage, mais les patients ayant un BMI plus élevé semblent être plus à risque de rechute. Ces résultats préliminaires mettent en lumière l’importance d’une prise en charge nutritionnelle adaptée, visant à favoriser une alimentation plus équilibrée durant le sevrage, qui pourrait ainsi contribuer à une meilleure récupération psychologique.