L’association entre les différentes modalités d’activité physique et la santé mentale en Belgique : analyse quantitative de l’enquête belge de santé (HIS) de 2018
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- La santé mentale et l’activité physique représentent deux enjeux majeurs de santé publique, particulièrement mis en lumière à la suite de la pandémie de COVID-19. Celle-ci a contribué à une dégradation marquée de la santé mentale et a profondément modifié nos habitudes de vie, notamment en matière d’activité physique. Dans ce contexte, il devient essentiel d’étudier leurs liens afin d’identifier des facteurs protecteurs face à l’anxiété et la dépression. Ce mémoire s’appuie sur les données représentatives de l’Enquête de Santé (HIS) 2018 de Sciensano afin d’analyser les associations entre différentes modalités d’activité physique (travail, déplacement, loisirs) et la santé mentale en Belgique. Trois hypothèses ont guidé ce travail : l’effet protecteur de l’activité physique de loisir, un effet différencié de l'activité physique de déplacement selon le statut social, et un effet délétère de l’activité physique de travail intense. Les résultats montrent que seule l’activité physique de loisir est systématiquement associée à une diminution de l’anxiété et de la dépression, confirmant son rôle protecteur. En revanche, l’activité de déplacement et l’activité de travail n’ont pas révélé d’effet significatif global, bien qu’un effet protecteur du déplacement sur la dépression ait été observé spécifiquement chez les femmes, et que l’absence d’activité de travail constitue un facteur de risque net pour la santé mentale. Ces résultats corroborent la littérature qui souligne le rôle central des activités de loisir choisies librement et associées au plaisir, tandis que les hypothèses portant sur l’activité de déplacement et l’activité de travail n’ont pas été confirmées. Cela suggère que la qualité motivationnelle de l’activité physique joue un rôle clé dans ses bénéfices pour la santé mentale. Au-delà de la confirmation du rôle bénéfique des activités physiques de loisir, ce mémoire met en évidence des inégalités de santé mentale selon le genre, le niveau socio-économique et la région, soulignant la nécessité d’actions de prévention ciblées. Favoriser les activités physiques de loisir, tout en tenant compte des disparités sociales et régionales, apparaît comme une voie prometteuse pour améliorer durablement la santé mentale en Belgique.