Les élections communales de 2024 : un Stratego grandeur nature

(2026)

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Lors des élections communales d'octobre 2024 en Wallonie et en Région de Bruxelles-Capitale, quels sont les facteurs de négociation qui ont mené à la formation d'une coalition où la liste arrivée en tête ne s'est pas retrouvée dans la majorité et quel a été le rôle des présidents de partis dans les discussions ? Sur base d'un échantillonnage de 12 communes, la recherche montre qu'aucun facteur n'explique à lui seul qu'une liste arrivée en tête finisse dans l'opposition, c'est leur combinaison qui produit ce résultat : l'institutionnel, qui ouvre la brèche en ne codifiant pas la prise d'initiative des négociations, les intérêts, qui sous-tendent tout le processus, l'idéologie, qui n'est pas le facteur majeur mais donnera sa couleur à la politique communale pour les six prochaines années, l'interpersonnel, dans un microcosme où tout le monde se connaît mais ne s'entend pas forcément, l'iconique, qui transforme des communes anodines en trophées électoraux, et l'interconnexion, qui fait qu'une ville peut devenir une monnaie d'échange dans une partie qui ne la concerne pas. Dans ces pourparlers, où chacun a son équipe nationale, tous ont un même objectif : couvrir la carte de la Wallonie et de la Région de Bruxelles-Capitale de leur couleur. Le président de parti n'est ni le démiurge ni le spectateur qu'il prétend être, il est le maître du jeu, même si ses partisans lui rappellent parfois la règle fondamentale du plateau, l'autonomie. Il ne peut pas tout arranger et il a aussi sa partie de Stratégo à jouer au national, ce qui implique parfois de sacrifier des communes.