Les effets de la respiration profonde sur l’inertie émotionnelle mesurée par la méthode Experience Sampling Method (ESM)
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- Le concept d’inertie émotionnelle, soit “la tendance des émotions/ états émotionnels à résister au changement au fil du temps” (Koval et al., 2021, p. 63) a un enjeu étant donné les conséquences cliniques en lien avec des problèmes de santé mentale et un manque de flexibilité émotionnelle (Bagnara et al., 2025). Parmi les techniques de régulation émotionnelle, la respiration profonde, pratiquée sous forme de relaxation ou de cohérence cardiaque, a montré des effets positifs sur la diminution du stress et des émotions négatives (Laborde et al., 2022). Pourtant, peu d’études ont analysé l’impact de la respiration profonde sur l’inertie émotionnelle, évaluée à travers les fluctuations affectives, mesurées dans des conditions écologiques. Ce mémoire, via deux hypothèses, examine si la pratique régulière d’exercices de respiration profonde sur trois semaines d’intervention, est associée à une réduction du niveau global d’affect négatif (évalué par le questionnaire PANAS ; Watson et al.,1988) et si elle réduit de manière immédiate le niveau d’affect négatif momentané, mesuré directement avant et après chaque exercice. Cette étude pilote a été menée auprès de 24 participants (18 femmes, 6 hommes ; âge moyen = 26,08 ans) répartis en deux conditions d’évaluation ESM (Button et Threshold). La méthode ESM (Myin-Germeys & Kuppens, 2022) a permis de collecter 3503 mesures avec un taux de compliance de 74,1 % et un taux de réalisation d’exercices (cohérence cardiaque ou relaxation) de 95,9 %. Les analyses statistiques se sont faites à l’aide d’un t-test pairé et de modèles linéaires multi-niveaux. Les résultats n’ont pas permis de confirmer les deux hypothèses. En effet, aucune diminution significative de l’affect négatif global entre la pré- et la post-intervention (p = ,450 ; d = -0,201) et de l’affect momentané (β = 0,71 ; p = ,818) n’a été observée. Cependant, une analyse exploratoire a montré une diminution significative du score de stress perçu (PSS) avant et après les trois semaines d’intervention. Étant donné la faible puissance statistique des résultats de l’étude pilote, une augmentation de la taille de l’échantillon pourrait être pertinente à l’avenir. D’autres pistes pourraient être l’augmentation de la durée des exercices de respiration, des ajustements méthodologiques ainsi que le test de ces hypothèses auprès de populations présentant une inertie émotionnelle cliniquement significative.