Exploration des capacités de prédiction affective dans le trouble sévère de l'usage de l'alcool (TSUA)
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- Le trouble sévère de l’usage de l’alcool (TSUA) entraîne des modifications cérébrales responsables entre autres de déficits cognitifs et émotionnels qui favorisent l’apparition, le maintien et la rechute du trouble. Ces altérations entretiennent donc un cercle vicieux pour le consommateur : la consommation chronique et abusive d’alcool entraîne des difficultés cognitives et émotionnelles qui alimentent à leurs tours la consommation. Pourtant, les processus émotionnels dans le TSUA ont longtemps été négligés dans la recherche. Parmi ces processus, la prédiction affective, définie comme étant la capacité à anticiper son propre état émotionnel face à un évènement futur, joue un rôle crucial dans la prise de décision et l’adoption de comportements plus ou moins adaptés. Pourtant, cette capacité n’est pas sans biais. En effet, dans la population générale, on retrouve une tendance à surestimer l’intensité et la durée des émotions futures. Ces biais pourraient donc être exacerbés dans une population avec des déficits émotionnels tels que ceux d’un TSUA. Ce travail vise à explorer les biais de prédiction affective dans le TSUA en comparant un groupe clinique et un groupe contrôle à l’aide d’un paradigme expérimental innovant. Celui-ci combine une phase de prédiction émotionnelle avec une phase d’expérience réelle. Les réponses émotionnelles ont été mesurées subjectivement par l’intermédiaire d’une échelle auto-rapportée et objectivement avec la mesure de l’activité électrodermale. Les résultats n’indiquent pas de biais significativement plus marqué chez les personnes TSUA. Cependant, le groupe clinique tend à surestimer les émotions négatives anticipées, sans surestimer les émotions positives par rapport au groupe contrôle. Cela suggère un profil davantage orienté vers les conséquences négatives immédiates plutôt que les bénéfices à long terme. Ce déséquilibre dans l’anticipation affective des résultats futurs pourrait alors freiner l’engagement dans des démarches de soins, en accentuant l’anticipation des conséquences négatives de l’abstinence et en dévalorisant les effets positifs associés. Ces conclusions ouvrent des perspectives cliniques, notamment des interventions ciblant des prédictions plus justes pour stimuler la motivation à s’engager dans des démarches de sevrage.