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- Contrairement à l’acte de naissance qui concerne plus particulièrement la mère, l’adoption est vécue à part égale par les deux conjoints qui adoptent. Mais il est un fait que l’homme et la femme appréhendent cette expérience de manière différente. La mère faisant déjà l’objet de multiples recherches, notre intérêt se dirige donc naturellement vers l’homme et son désir. Les origines de l’adoption sont très anciennes mais ce concept a fortement évolué au cours du temps. Ses buts et critères actuels ne sont évidemment plus les mêmes qu’autrefois. Ad-opter signifie étymologiquement « choisir ». En adoptant, un homme choisit donc d’avoir un enfant. Son désir d’adoption s’apparente ainsi à un désir d’enfant. Mais les motivations, conscientes et inconscientes, qui sous-tendent une telle démarche, révèlent inévitablement des différences et des particularités propres à cette expérience. L’homme qui adopte choisit également de devenir père. Les notions de « paternité » et de « père » sont des concepts complexes et ambigus. Beaucoup de psychanalystes se sont penchés sur le sujet afin de cerner davantage cet « être père ». Devenir père, c’est donc accéder à une place particulière qui suscite d’importants effets structurants non seulement sur l’enfant mais également sur l’homme devenu père. En adoptant, l’homme accède à la paternité de la même façon. Un désir d’adoption exprime ainsi souvent, chez l’homme, le désir de devenir père. Mais être père adoptif renvoie également à d’autres représentations. Là encore, l’expérience d’adoption amène des différences et des spécificités en revêtant le « père » de caractéristiques toutes particulières.