La violence comme grammaire du pouvoir : lecture croisée des violences de genre à partir des travaux de Rita Laura Segato
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Giaume. 0984-23-01. 2025.pdf
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- Le présent mémoire, interroge la violence comme grammaire du pouvoir, en prenant pour point de départ l’ouvrage : "Estructuras elementales de la violencia" (Les structures élémentaires de la violence). L’objectif est de comprendre comment la violence peut être étudiée comme un objet à la fois philosophique, éthique et anthropologique. En partant des violences de genre, et plus particulièrement du viol aggravé (forme exacerbée de violence sexuelle marquée par la cruauté et souvent inscrite dans un contexte de guerre ou de domination extrême), il s’agit de mettre au jour les conditions sociales, politiques et économiques qui le rendent possible. Refuser de réduire la violence à une pulsion individuelle ou à un fait naturel mais l’envisager comme un langage social et historique, produit par des structures précises de pouvoir. L’analyse du viol aggravé, articulée aux notions de « mandat de masculinité » et de « pédagogie de la cruauté », montre que la violence est codée, ritualisée et intégrée dans des rapports de genre, de race et de classe qui prolongent, sous d’autres formes, les logiques coloniales. Cette approche, nourrie par les outils de l’anthropologie, de l’histoire, de la psychanalyse et de la sociologie, ouvre la possibilité de penser la violence autrement : la dépathologiser, la désindividualiser, la dénaturaliser, et surtout la replacer dans ses matrices politiques et économiques, afin d’en identifier les circuits et d’imaginer comment les interrompre. Dans cette perspective, inspirée également par certaines lectures décoloniales latino-américaine, comprendre la violence revient à en cartographier les grammaires pour mieux rompre le langage même qui la soutient. Cette lecture, ancrée dans la pensée de Rita Laura Segato, invite à déplacer le regard, de l’acte violent isolé vers les structures qui l’autorisent, et à envisager des formes de résistance capables de briser le langage même de la domination. Comprendre les structures de la violence devient alors un préalable nécessaire pour mieux les désamorcer et les court-circuiter.