Faut-il éduquer à la citoyenneté à l’école ? Tentative de réponse à travers le regard de John Dewey

(2026)

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Ce mémoire s’inscrit dans le domaine de la philosophie de l’éducation et s’intéresse plus particulièrement à la question de l’éducation à la citoyenneté à l’école. Pour mener cette réflexion, nous interrogerons plusieurs notions fondatrices de notre modèle de société démocratique. Qu’est-ce que l’éducation ? Qu’est-ce que la citoyenneté ? Peut-on apprendre à être citoyen, dans quels buts et comment ? Et quel est le rôle de l’école dans cette perspective ? À travers ce travail, nous souhaitons examiner quelle forme d’enseignement est la plus adaptée pour éduquer à la citoyenneté : une pédagogie de type traditionnel fondée sur la transmission de savoirs, ou une pédagogie dite active qui met l’accent sur la participation et l’expérience des élèves? Il s’agira également de se demander si la citoyenneté doit faire l’objet d’un cours spécifique ou être intégrée plus largement dans l’ensemble de la culture scolaire. Et dans les deux cas, comment formaliser ce type de connaissances sans les dénaturer et comment les transmettre efficacement ? Pour tenter d’y répondre, nous nous appuierons principalement sur la pensée d’un philosophe américain des XIXe et XXe siècles, John Dewey, figure emblématique de la philosophie de l’éducation. Son ouvrage de référence en la matière, Démocratie et éducation, constituera le point d’entrée de ce mémoire, au départ duquel nous rayonnerons vers une littérature secondaire d’analyses et d’interprétations. Nous verrons sur quelles bases John Dewey défend l’idée que l’école doit être un lieu de pratique effective de la démocratie, non pas dans le but de préparer les enfants ou les jeunes à un futur rôle de citoyen mais pour leur permettre d’expérimenter la démocratie au cœur même de leur éducation. Nous étudierons les conceptions de l’éducation et de la démocratie chez John Dewey, et les approches caractéristiques de sa philosophie : l’expérience et l’enquête comme processus d’apprentissage. Puis, nous confronterons sa vision avec celle de Hannah Arendt, une de ses principales opposantes, critique de l'éducation progressive, qui défend un enseignement de la citoyenneté davantage axé sur la transmission d’un héritage culturel aux enfants pour les protéger de toute instrumentalisation politique. La méthode adoptée pour ces deux premières parties sera une analyse philosophique et comparative des deux principaux auteurs, appuyée sur une littérature secondaire d’ouvrages et d’articles. Pour la troisième partie, nous confronterons les visions de John Dewey et de Hannah Arendt à la réalité actuelle de l’éducation à la philosophie et à la citoyenneté telle qu’elle est organisée en Belgique francophone. Nous comparerons les différentes modalités de cet enseignement entre les réseaux libre et officiel, à la lumière de la pensée de ces deux éminents philosophes. Ce mémoire repose sur l’hypothèse principale qu’une éducation à la citoyenneté à l’école apparaît comme nécessaire, en particulier au vu des enjeux auxquels font face nos sociétés démocratiques contemporaines, et que la manière dont elle est enseignée influence directement la capacité des élèves à être et devenir des citoyens actifs et critiques. Le modèle d’éducation proposé par John Dewey pourra éclairer les limites et les défis actuels de l’enseignement de la philosophie et de la citoyenneté tel qu’il est institué en Belgique francophone.