Comment les professionnels de santé mobilisent-ils les principes de la littératie en santé dans leur pratique pour encourager la participation du patient à la prise de décision ?
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- Chacun d’entre nous est amené à prendre quotidiennement des décisions relatives à sa santé. En oncologie, ces décisions sont particulièrement complexes, en raison de la quantité d’informations à intégrer, de leur forte charge émotionnelle et des conséquences importantes que peuvent avoir les choix thérapeutiques. La littératie en santé (LS) constitue dès lors un levier important pour permettre aux patients de comprendre ces informations et de participer aux décisions concernant leur santé. Dans ce contexte, les professionnels de santé jouent un rôle central dans l'accompagnement des patients et l'adaptation de leur communication afin de soutenir leur compréhension et leur participation. Pourtant, les pratiques réellement mobilisées par ces derniers restent encore peu documentées. Cette recherche qualitative a ainsi été menée auprès de six professionnelles de santé d'une même équipe multidisciplinaire prenant en charge des cancers ORL et pulmonaires à l’Institut Roi Albert II, afin de répondre à cette lacune. Elle visait à comprendre comment les principes de la LS sont compris et mobilisés par les soignantes dans leur pratique clinique pour encourager la participation du patient à la prise de décision. Les entretiens ont été analysés selon une approche thématique, principalement déductive (top-down), en suivant la démarche de Braun & Clarke (2006). Les résultats montrent que la LS s’avère davantage présente dans les pratiques qu’explicitement connue comme concept : les professionnelles adaptent leur communication, s’assurent d’une bonne compréhension et s’appuient sur différents supports et sur le travail en équipe. Ces pratiques concernent surtout l’accès et la compréhension de l’information, tandis que les dimensions d’évaluation et d’application de l’information apparaissent moins, voire pas, présentes dans les discours. Compréhension et confiance peuvent favoriser la participation sans toutefois y conduire automatiquement. L’étude souligne ainsi l’importance de la relation avec les soignantes, du travail d’équipe et de l’organisation des soins dans ces processus.