La puissance des limites

(2025)

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Ce mémoire propose une critique immanente du capitalisme à partir d’une anthropologie du désir et de la finitude. Inscrit dans la filiation de l’écologie intégrale de Charlotte Luyckx et de la philosophie sociale au sens de Franck Fischbach, il fait dialoguer Frédéric Lordon et Christian Arnsperger pour tenir ensemble pulsionnalité et structures sociales. La première partie élabore une grammaire du sujet fini, traversé par un conatus désirant et par l’angoisse de la mort, en clarifiant le statut du manque comme construction imaginaire réelle dans ses effets. La seconde partie montre le capitalisme comme régime organisé de dénégation de la finitude, qui convertit l’angoisse en fuite consumériste, fixe la puissance d’agir sur des objets maîtres et produit une désobjectivation écologique. L’originalité du travail tient à l’articulation méthodique entre ontologie de l’immanence, psychanalyse spinoziste et philosophie sociale, qui permet de repenser l’aliénation comme fausse finitude et rétrécissement du désirable. L’enjeu normatif est une éco spiritualité matérialiste qui ne se raconte pas d’histoire, capable de conjuguer réalisme existentiel et optimisme politique. En assumant la maxime d’Arnsperger et en réinscrivant le sujet dans la nature, le mémoire défend une finitude positive, non comme résignation mais comme condition de la variation de la puissance et d’un autre habiter du monde.