Le maillage vert socio-écologique bruxellois à l’épreuve de la mobilité douce : tensions, arbitrages et pistes de solution
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- À Bruxelles, les corridors cyclables et écologiques se superposent fréquemment sur les mêmes linéaires résiduels non bâtis tels que : les vallées, les anciennes emprises ferroviaires ou encore les lisières forestières. Cette superposition n’est pas accidentelle : elle découle d’une contrainte structurelle des villes denses, où les rares espaces permettant des continuités écologiques ou de mobilité douce sont identiques. Dans ce contexte, le maillage vert socio-écologique bruxellois, porté notamment par le plan Renature de Bruxelles Environnement, cherche à articuler biodiversité et usages sociaux. Toutefois, cette intégration ne s’accompagne pas de mécanismes d’arbitrage suffisamment clairs lorsque les objectifs de mobilité et de préservation écologique entrent en conflit. Ce travail de fin d’études vise à comprendre l’origine de ces conflits et à proposer des pistes d’amélioration des processus décisionnels. Il repose sur une cartographie des zones de superposition entre réseaux écologiques et cyclables à l’échelle régionale, une analyse des procédures liées aux permis d’urbanisme, ainsi que trois études de cas : le bois du Vellemolen (2018-2022), le bois du Val d’Or (2022-2023) et le parc de la Ligne 28 (2025). Ces cas permettent d’illustrer et de tester les mécanismes identifiés. L’analyse montre que le problème ne tient pas à un acteur ou une actrice unique, mais à des failles structurelles appelées « géométries de déficit ». Nous avons identifié trois types de tensions : horizontale, radiale et verticale. La tension horizontale renvoie à l’absence de coordination obligatoire entre administrations. La tension radiale désigne le manque d’arbitrage interne face à des missions contradictoires. La tension verticale correspond à la faiblesse des contraintes environnementales face aux acteurs et actrices disposant d’un poids institutionnel ou financier important. Ensemble, ces dynamiques produisent un arbitrage par défaut, souvent en faveur de la mobilité. Trois pistes sont proposées : l’extension du screening Natura 2000 aux travaux d’entretien pour la tension horizontale, un référent biodiversité obligatoire en amont des permis pour la tension radiale, et une clause environnementale contraignante dans les marchés publics de Beliris pour la tension verticale. Ces mesures sont complétées par des dispositifs collaboratifs (ateliers, charrettes, tables rondes) visant à renforcer une culture commune de la décision. Ce travail s’inscrit dans le contexte de la réforme institutionnelle bruxelloise de 2026, qui pourrait constituer une opportunité pour intégrer ces mécanismes d’arbitrage dans les futures structures administratives.