Attitudes et Comportements pro-environnementaux: Rôle de la religiosité au sein des différences individuelles

(2025)

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Cette recherche, inscrite dans le champ de la psychologie environnementale, examine l’influence de mécanismes psychologiques – incluant la religiosité – sur les attitudes et comportements pro-environnementaux. Dans un contexte marqué par l’essor technologique, la mondialisation et l’urgence climatique, l’adoption de comportements durables demeure inégale. Les déterminants de ces comportements sont multiples, intégrant notamment la personnalité, les valeurs, les normes sociales, les émotions et l’identité. L’originalité de cette étude réside dans l’analyse conjointe d’un large éventail de variables psychologiques profondes (authenticité, émerveillement, ouverture intellectuelle, identités collective et locale, générativité sociale, valeurs de pouvoir et de réussite, orientation politique) et de dimensions religieuses (spiritualité, fondamentalisme, croyances apocalyptiques). L’enquête quantitative a confirmé un lien significatif entre identité environnementale et comportements écologiques (gestion des déchets, consommation énergétique responsable, privation de confort), traduisant une cohérence entre convictions et actions. Les variables d’ouverture à soi et au monde (authenticité, émerveillement, ouverture intellectuelle, identités collectives, générativité sociale) ainsi qu’une orientation politique à gauche sont associées positivement à la pro-environnementalité. En revanche, les valeurs d’expansion de soi, ainsi que la religiosité fondamentaliste, exercent un effet négatif. Aucune association notable n’a été relevée pour la suspicion envers la science et les croyances apocalyptiques. Les variables sociodémographiques présentent un rôle limité, hormis un effet de l’âge (les individus plus âgés se montrant davantage engagés, possiblement en lien avec la générativité sociale) et du revenu sur la privation de confort. Globalement, la religiosité est corrélée négativement aux attitudes et comportements pro-environnementaux, effet qui persiste dans un modèle multivarié. L’analyse par groupe religieux nuance toutefois ce constat : chez les chrétiens, la religiosité est liée à un fondamentalisme corrélé négativement à l’engagement écologique ; chez les musulmans, la spiritualité se révèle positivement associée à certains comportements, notamment la réduction des déchets ; les non-croyants présentent une forte pro-environnementalité. Ces résultats soulignent que le lien entre religiosité et écologie est pluriel et contextuel, dépendant à la fois du type de religiosité et des différences individuelles profondes. Cette étude se veut être un précurseur dans la recherche multifactorielle intégrant la religiosité. Ces constats ouvrent la porte à des recherches futures dans d’autres contextes européens et intégrant des mesures indirectes ou émotionnelles (comme l’éco-anxiété), afin d’affiner la compréhension de ces mécanismes et nourrir des stratégies de sensibilisation environnementale adaptées aux motivations psychologiques et culturelles des individus.