Effet du type de présentation d’un matériel émotionnel sur les performances cognitives.

(2019)

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Longtemps, la cognition et les émotions furent abordés séparément (Bastien et al., 2014). Néanmoins, le développement de la psychopathologie cognitive au cours de ces dernières années a pu mettre en avant l’impact bidirectionnel des émotions sur la cognition. Entre autres, de nombreux résultats ont démontré le traitement cognitif particulier des informations émotionnelles, ainsi que les réactions automatiques, tant universelles que personnelles, face à certains stimuli (Anderson, 2005, Brouillet et al, 2010, Devreux et al., 2016, Hansen et Hansen, 1988, Niedenthal, 2007). Ces résultats furent obtenus grâce à la mise en place de différents paradigmes expérimentaux, incluant du matériel émotionnel. Le Stroop émotionnel en fut un des premiers exemples. Toutefois, bien que de nombreuses recherches se soient penchées sur cette tâche, les caractéristiques du matériel influençant significativement les performances cognitives ne sont pas claires et sont parfois contradictoires selon les auteurs (Schimmack, 2005). Suite à ces divergences au sein de la littérature, ainsi qu’aux résultats étonnants d’une précédente étude (Geenens, 2018), ce mémoire eut pour objectif d’observer si un changement de présentation du Stroop émotionnel influençait les performances de participants sains. Pour cela, nous avons développé trois hypothèses principales : la première concerne la variabilité d’arousal au sein d’une liste, la seconde mesure le niveau d’arousal capturant majoritairement l’attention, et la dernière mesure l’effet du support (informatisé versus papier). Nonante trois participants réalisèrent notre tâche expérimentale, à savoir le Stroop émotionnel, suivi d’une tâche de rappel libre. Les principaux résultats de cette recherche démontrèrent qu’en effet ; la manière de présenter l’information émotionnelle influence significativement les performances de participants sains. Concrètement, la variabilité d’arousal au sein d’une liste ainsi que le type de support (engendrant une présentation stimulus par stimulus versus liste entière), modifie le niveau d’arousal capturant le plus intensément l’attention. De manière générale ces résultats pourront permettre la sensibilisation des praticiens et chercheurs sur l’impact du type de présentation d’un matériel, dont émotionnel. Ensuite, plusieurs améliorations techniques sont proposées au sein de ce travail afin de creuser certains résultats incohérents avec nos hypothèses et notre revue de la littérature. Enfin, dans un avenir plus lointain, ce travail ouvre la porte à de futurs travaux, ayant pour objectif de distinguer un seuil pathologique de capture attentionnelle face aux informations émotionnelles. En effet, cela permettrait d’offrir de nouveaux outils cliniques, normés et précis, afin de mieux comprendre et diagnostiquer les troubles émotionnels. Nous pensons, par exemple, particulièrement aux patients souffrant de troubles émotionnels suite à plusieurs lésions cérébrales (Damasio 1990, Manesl, 2002).