GRAND DIALOGUE NATIONAL AU CAMEROUN : Evaluation des réformes institutionnelles et obstacles persistants à la stabilisation des Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest

(2026)

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En 2016, les revendications corporatistes ont attisé les braises sous les cendres des accords sociaux post-coloniaux entre le Cameroun oriental (sous tutelle française) et le Cameroun méridional (sous tutelle britannique). Les populations des Régions anglophones s’estiment marginalisées, étouffées par un système trop francophone et entourloupées par le gouvernement de Yaoundé. Des velléités sécessionnistes et séparatistes naissent et donnent lieu à un Etat virtuel d’Ambazonie. L’initiative la plus ambitieuse dans l’optique de répondre efficacement aux différents griefs présentés par les anglophones a été l’organisation du Grand Dialogue National (GDN) qui s’est tenu du 30 septembre au 04 octobre 2019 à Yaoundé. Elle a débouché sur d’importantes réformes, mais dont la mise en œuvre ne suffit pas visiblement pour apaiser les tensions. Le présent travail évalué les obstacles persistants qui empêchent le retour à la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun. Nous nous sommes appuyés sur trois principales théories, toutes complémentaires : la théorie du néo-patrimonialisme, la théorie du conflit ethno-politique, la théorie du néo-institutionnalisme historique. Il ressort de cette étude que les réformes administratives prises à la suite du « Grand Dialogue National » dans l’optique d’apporter une réponse à la crise anglophone dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest Cameroun se sont avérées inefficaces. La démarche du gouvernement camerounais n’est pas objective. Une approche qui se justifierait par l’ambition de conservation et de centralisation du pouvoir.