L'effet de la relation humain-animal sur la régulation émotionnelle

(2026)

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La littérature scientifique postule fréquemment des effets bénéfiques de la présence animale sur la régulation émotionnelle (Beiger, 2022 ; Teillaumas, 2016 ; Zinsstag et al., 2020). Toutefois, il existe plusieurs recherches qui tendent à négliger le rôle des stratégies de régulation émotionnelle (SRE) comportementales ainsi que la qualité du lien dans la relation humain-animal (RHA) et qui sont susceptibles de manifester un biais de confirmation, c’est-à-dire que les chercheurs vont avoir tendance à publier les résultats confirmant leurs hypothèses et ignorer les résultats neutres ou les infirmant (Herzog, 2011 ; Rodriguez et al., 2021). L’objectif de cette étude consiste à explorer l’association entre la RHA et les SRE chez l’adulte, en dépassant la simple dichotomie entre propriétaires et non-propriétaires. Plus spécifiquement, nous avons investiguer l’influence de la qualité de l’attachement, de la fréquence et du type d’interaction sur ces stratégies. Un échantillon, composé de 592 adultes dont 514 propriétaires d'animaux de compagnie, a répondu à un questionnaire en ligne intégrant le Behavioral Emotion Regulation Questionnaire (BERQ) et le Pet Attachment Questionnaire (PAQ). L'exploration intragroupe chez les propriétaires a démontré qu'un attachement insécure anxieux envers l'animal constitue un facteur de vulnérabilité car il inhiberait le recours à la SRE fonctionnelle de l'approche active et favoriserait significativement les SRE dysfonctionnelles de retrait social et d'ignorance. De plus, nos résultats ont fait ressortir deux tendances statistiques marginales. La première indique qu’une haute fréquence d’interaction avec son animal serait associée à une plus grande utilisation de la SRE d’ignorance tandis que la deuxième révèle une association entre les interactions indirectes et le recours à la SRE de la recherche de soutien social. En revanche, les analyses statistiques multivariées n'ont révélé aucune différence significative quant à l'utilisation des SRE entre les propriétaires et les non-propriétaires. En conclusion, la présence d’un animal de compagnie ne garantit pas une meilleure utilisation de SRE. L’efficacité de ce soutien interspécifique reposerait donc plutôt sur la qualité sécurisante du lien d’attachement et pourrait aussi être influencée par la fréquence et le type d’interaction effectué entre l’animal et son propriétaire. Sur le plan clinique, ces constats invitent les professionnels de la santé mentale à considérer la RHA non seulement comme une ressource thérapeutique potentielle, mais aussi comme un indicateur des vulnérabilités affectives et sociales de l’individu, telles que l’isolement social ou une mauvaise régulation émotionnelle.