Les instruments d'une politique publique et leurs effets : analyse du design du programme Erasmus et de ses conséquences sur le public cible à l'ULB

(2026)

Files

Mémoire Patricia Bakalack.pdf
  • Open access
  • Adobe PDF
  • 1.39 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Le programme Erasmus incarne l’une des politiques publiques européennes les plus emblématiques en matière de mobilité étudiante et de construction d’une citoyenneté européenne. Officiellement conçu pour favoriser l’ouverture internationale et démocratiser l’accès à la mobilité, il fait néanmoins l’objet de travaux récurrents soulignant la persistance d’inégalités sociales parmi ses bénéficiaires. Si ces inégalités ont été largement documentées, leurs mécanismes institutionnels restent moins explorés. En s’appuyant sur l’approche développée par Lascoumes et Le Galès, cette recherche interroge la manière dont les critères académiques, les exigences linguistiques, les mécanismes de financement, les procédures administratives et les dispositifs d’information du programme Erasmus peuvent produire des effets différenciés selon les ressources sociales, économiques, culturelles, linguistiques et organisationnelles des étudiant·es. Pour ce faire, l’étude se concentre sur le cas de l’Université libre de Bruxelles (ULB), où l’autonomie laissée aux facultés dans la mise en œuvre du programme permet d’observer des modalités d’application parfois distinctes, voire contrastées. La méthodologie retenue combine deux volets complémentaires. D’une part, une analyse documentaire des textes réglementaires européens, des documents institutionnels de l’ULB et des informations publiées par les facultés permet d’examiner le cadre formel du programme. D’autre part, un questionnaire administré à trente-six étudiant·es ayant réalisé une mobilité Erasmus offre un éclairage sur l’expérience des bénéficiaires. Le croisement de ces deux sources de données vise à articuler l’analyse du design institutionnel du programme avec les réalités vécues par les étudiant·es. Les résultats obtenus révèlent que les instruments du programme ne se réduisent pas à de simples outils techniques destinés à organiser la mobilité. Selon leur conception et leurs modalités de mise en œuvre, ils peuvent tantôt faciliter, tantôt compliquer l’accès à la mobilité internationale, produisant ainsi des effets différenciés selon les ressources dont disposent les étudiant·es. Sans remettre en cause l’importance des déterminants sociaux déjà mis en lumière par la littérature, ce mémoire met en évidence le rôle actif joué par les instruments d’action publique dans la structuration des conditions d’accès au programme. Il souligne ainsi que la démocratisation de la mobilité internationale ne dépend pas uniquement des caractéristiques des publics visés, mais également des choix institutionnels qui organisent concrètement le fonctionnement du dispositif Erasmus.