La construction sociale des personnes âgées dépendantes : un facteur clé dans l’orientation des politiques publiques wallonnes d’accueil et d’hébergement

(2026)

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Mémoire Evelyne Ansias 2026.pdf
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Ce mémoire analyse les politiques publiques wallonnes d’accueil et d’hébergement des personnes âgées dépendantes en mobilisant la théorie de la construction sociale des populations-cibles développée par Schneider et Ingram. Il se situe dans un contexte où l’accroissement de la population vieillissante enjoint les pouvoirs publics à repenser les modes d’accompagnement. La visée de la recherche a été appréhendée par la question suivante : “Comment la construction sociale des personnes âgées dépendantes de la part des décideurs publics oriente-t-elle les politiques publiques wallonnes d’accueil et d’hébergement à l’égard de ce public-cible ?” Spécifiquement, il est question d’analyser comment cette construction sociale du public-cible modèle les instruments mis en œuvre, les choix politiques et finalement, l’adéquation des réponses apportées aux besoins des bénéficiaires. Afin de répondre à cette question, une démarche qualitative et exploratoire a été suivie, par des entretiens auprès d’acteurs impliqués dans l’élaboration ou la mise en œuvre des politiques publiques observées. Cette approche, à mi-chemin entre théorie et données empiriques, a permis de mettre en évidence les représentations en jeu et leurs effets sur les politiques. Les résultats montrent que le public-cible est majoritairement construit comme “dépendant”, au sens de la grille de lecture de Schneider et Ingram. Ceci signifie qu’elles sont perçues comme méritantes de politiques bienveillantes mais disposant d’un faible pouvoir d’influence. Cette représentation justifie des politiques protectrices centrées sur la prise en charge de la dépendance fonctionnelle. Ceci contribue à la médicalisation de l’accompagnement, au détriment d’autres dimensions individuelles telles que le parcours ou la qualité de vie et l’autodétermination. Le mémoire met ainsi en évidence une contradiction : bien que les politiques publiques visent à défendre ce public jugé vulnérable, elles contribuent également à entretenir une vision réductrice des bénéficiaires, pouvant limiter leur autonomie et orienter les pratiques sur le terrain institutionnel. Dans cette perspective, la construction sociale des personnes âgées dépendantes apparaît comme un facteur clé dans l’orientation des politiques publiques. Enfin, la recherche appuie sur la nécessité de se pencher sur un changement des cadres normatifs et des instruments d’action publique. Intégrer à la réflexion les acteurs de terrain et les bénéficiaires eux-mêmes contribuerait à prendre en compte toutes les attentes et diversité des besoins.